Les usages sociaux du cerveau (journée d’étude)

usages-sociauxJournée d’étude

Les usages sociaux des sciences du cerveau

Collaboration de MSH Paris Nord / New York University in Paris

15 mai 2012


Programme

Présentation / introduction

9.00 – 9.15

Usages sociaux des savoirs « pré-neuroscientifiques »

9.15 – 9.45 : Rafael Mandressi (CAK, CNRS) : “Usages sociaux et politiques des savoirs “pré-neuroscientifiques” sur le cerveau”

9.45 –  10.15 : Yves Cartuyvels (Fac. St Louis, Bruxelles), « Usages  sociaux d’une lecture biologique du crime à la fin du XIXe »

Discutant : Marc Renneville

10.15 – 11.00 : Discussion

Le genre des neurosciences

11.15 – 11.50 : Rebecca Jordan-Young (Barnard College, New York), « Hardwired for Sexism »

11.50 – 12.20 : Catherine Vidal (Institut Pasteur), « Ordre social et ordre neuronal »

12.20 – 13.00 : Discussion

Usages sociaux des neurosciences (1) : le marketing

14.00 – 14.30 : Didier Courbet (Univ. Aix-Marseille 1) : “Neuromarketing et neurosciences au service des publicitaires : questionnements éthiques”

Discutant : Sébastien Lemerle

14.30 – 15.00 : Discussion

Usages sociaux des neurosciences (2) : l’école

15.00 – 15.30 : Stanislas Morel (Univ. St Etienne), « Neurosciences cognitives et pédagogie »

15.30 – 16.00 : Marianne Woollven (ENS Lyon/Centre Max Weber), « Que se passe-t-il dans le cerveau dyslexique ? Les difficultés en lecture au prisme des sciences du cerveau »

16.00 – 16.30 : Grégoire Molinatti (Univ. Montpellier), « Neurosciences et éducation : quelles épistémologies, quelle théorie du sujet, quelles normativités ? »

Discutant : Samuel Lézé

16.30 – 17.30 : Discussion et conclusion

Discutante : Dominique Memmi

New York University, 56 rue de Passy, Paris 16e arrondissement (métro La Muette ou Passy)

Sciences de l’homme, sciences de la punition. Réformes pénales et mesures de sûreté en Europe (1918-1939)

Sciences de l'homme, sciences de la punition ANR Sciencepeine

Université de Rouen

UFR Lettres et Sciences Humaines. Bâtiment Robespierre. Salle F101

vendredi 06 mai 2011

9h30-17h30

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles


L’équipe ANR Sciencepeine organise une journée d’études sur la question des rapports entre les sciences de l’homme et les réformes pénales de l’entre-deux-guerres en Europe. Avec le soutien du GRHIS (Université de Rouen), du centre A. Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CNRS-EHESS-MNHN) et de la plate-forme Criminocorpus.

Programme de la journée

Présidence de Martine KALUSZYNSKI (Directrice de recherches  au CNRS Pacte-CNRS-IEP Grenoble)

Matinée

  • Réformes pénales et psychiatrie en Espagne (1920-1936). Ricardo Campos, Instituto de Historia Centro de Ciencias Humanas y Sociales (CSIC),
  • Entre guerre et prophylaxie : la biologisation du  droit pénal allemand de 1933 à 1945. Johann Chapoutot (maître de conférences, Université de Grenoble II, laboratoire LARHA),
  • Du projet Ferri au Code pénal Rocco : existe-t-il un droit pénal fasciste ? Jean-Yves Frétigné (maître de conférences, Université de Rouen, laboratoire GRHIS),

Après-midi

  • Au tribunal de la science. L’observation médico-pédagogique des jeunes « irréguliers » en Belgique, 1906-1965. David Niget (Chargé de recherche postdoctoral, Centre d’histoire du droit et de la justice, Université de Louvain – UCL ),
  • Criminologie, mesures de sûreté et dangerosité en France avant 1939. Marc Renneville (maître de conférences, Centre A. Koyré. Histoire des sciences et des techniques (UMR 8560),
  • Une revue « fascinée » ? La Revue de science criminelle et de droit pénal comparé (1936-1939). Jean-Claude Vimont (maître de conférences, Université de Rouen, laboratoire GRHIS),

Contact

  • Marc Renneville
    courriel : m [point] renneville (at) free [point] fr
  • Jean-Claude Vimont
    courriel : jean-claude [point] vimont (at) wanadoo [point] fr

Le Petit Crevé. Etude phrénologique d’après le système de Gall

Quand la phrénologie était raillée par l’image…

petit-creveCi-contre la reproduction d’un dessin de Pépin ((Pépin contribua régulièrement à l’illustration du Petit Rouennais, au tournant des 19e-20e siècles)) , paru à la une du journal « L’Eclipse » (n° 37, 4 octobre 1868).

La légende publiée en seconde page est reproduite ci-dessous :

« NOTRE DESSIN

UN MOT D’EXPLICATION.

Les événements d’Espagne se compliquant d’une façon très-sérieuse ((allusion à la Révolution espagnole de septembre 1868 « La Gloriosa », qui vit le renversement de la reine Isabelle II, réfugiée à Paris depuis le début du mois d’octobre)), nous avons été obligés, sur avis de l’Administration, de suspendre notre tirage, et de laisser de côté un très-excellent dessin de Gill, intitulé, TRA LOS MONTES, fantaisie espagnole.

Afin de paraître le plus rapidement possible néanmoins, nous avons remplacé ce dessin par une page de Pépin.

Cette substitution, faite à la dernière heure, explique naturellement le léger retard qu’a subi notre mise en vente.

PHRÉNOLOGIE OU PETIT-CREVÉ.

Gall a vieilli. Spurzheim est oublié.

Les têtes moulées, divisées, coloriées sous leurs ordres ont besoin de nombreuses retouches.

– Elles ne sont plus dans le mouvement, disait un habitué du boulevard.

Nos têtes ne sont plus pétries comme autrefois par le sculpteur de là-haut.

D’autres appétits, d’autres penchants, d’autres vices surtout, se sont fait jour, et sur le crâne des modernes, ont fait à leur tour leur petite protubérance.

Pépin l’a comprit. Il s’est dévoué. Aidons à la science en retard, s’est-il dit. Et il a commencé par refaire, avec des indications nouvelles, la tête du Petit-Crevé; ce produit étonnant de notre jolie époque.

Ce travail n’avait rien de gracieux. Maie l’intérêt des masse devait l’emporter sur le dégoût; et puis, – ceci n’est pas un secret, – la tête du Petit-Crevé ne contenant pas de cervelle, on pouvait y mettre les doigts impunément.

Enfin, voilà qui est fait. Le système phrénologique du docteur Pépin va faire sa trouée.

Et les gandins vont apprendre à leurs dépens ce que contient chacune des cases de leur cerveau.

Puisse, sur le chemin du kiosque du Mlle de la Périne, ce spectacle les arrêter à temps dans leurs folies idioties.

LE COUSIN JACQUES. »


Source : collection particulière.

Etudes phrénologiques (2)

D’autres dessins de Cham (Amédée de Noé, 1818-1879), extraits de L’Illustration. Journal universel (3 octobre 1846)

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Voir la première série d’études phrénologiques de Cham.

Vous possédez des dessins phrénologiques ou des caricatures de la théorie de Gall ? Vous pouvez contribuer à enrichir cette page en me faisant parvenir des photos qui seront, avec votre autorisation, reproduites ce site (contacter l’auteur).

Pour en savoir plus sur Cham, voir ce site. Et si vous passez près de l’Isle-de-Noé, dans le Gers, n’hésitez pas à visiter le château familial des comtes de Noé, qui abrite une exposition permanente sur Cham. Voir également 426 reproductions en ligne sur le site du département des arts graphiques du Musée du Louvre.

Etudes phrénologiques (1)

Le caricaturiste Cham (Amédée de Noé, 1818-1879) a produit, comme son contemporain Daumier, quelques dessins humoristiques sur la phrénologie et la physiognomonie. En voici quelques exemples, tirés de L’Illustration. Journal universel (3 octobre 1846)

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Voir une seconde série d’études phrénologiques de Cham.

Vous possédez des dessins phrénologiques ou des caricatures de la théorie de Gall ? Vous pouvez contribuer à enrichir cette page en me faisant parvenir des photos qui seront, avec votre autorisation, reproduites ce site (contacter l’auteur).

Qu’est-ce que la phrénologie ?

phrenologie_coverLa « bosse des maths ». Voici, à première vue, tout ce qui reste de nos jours d’une étrange « science de l’esprit », la phrénologie, qui prétendait reconnaître les talents, les penchants et les facultés des individus en tâtant les bosses du crâne. Et pourtant…
Reléguée au statut de fausse science pendant plus d’un siècle, la phrénologie fait l’objet actuellement d’une réévaluation polémique. Selon les uns, elle serait la première véritable science de l’homme car elle aurait, la première, tenter d’asseoir la connaissance de l’homme sur l’exploration du cerveau. Selon d’autres, la phrénologie annoncerait, pour les mêmes raisons, le réductionnisme appauvrissant des sciences cognitives.

La phrénologie a été théorisée par le médecin François-Joseph Gall (1758-1828). Elle conjugue trois idées. La première est que le cerveau est le siège de toutes les facultés fondamentales de l’homme. La seconde, c’est que les diverses fonctions cérébrales correspondent à autant d’organes différents. La troisième, c’est que le crâne épousant fidèlement la forme du cerveau, on peut, en saisissant le relief crânien par palpation, dresser le portrait phrénologique des individus (cranioscopie).

L’enjeu de cette connaissance de l’homme est scientifique, social et politique. La phrénologie offre en effet une théorie générale des comportements mais aussi l’examen diagnostic précis qu’est la cranioscopie. La palpation du crâne permettant de déceler les aptitudes et les penchants profonds de chaque individu, il devient possible d’imaginer l’organisation scientifique d’une société rationnelle qui tiendrait compte de la « variété infinie du caractère moral et intellectuel des hommes ».

Voir la présentation du livre Le langage des crânes. Une histoire de la phrénologie