Le crime

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Un horrible drame à Moirax. (Lot-et-Garonne)
Six membres d’une même famille assassinés pendant leur sommeil
(De notre correspondant particulier)

Agen. 10 février. – Un drame épouvantable vient de jeter le deuil et la consternation dans les laborieuses et paisibles populations de la commune de Moirax.
La famille Delafé (sic) toute entière, ou plutôt tous les habitants de la maison de Farges, à l’exception de M. Delafé, qui se trouvait momentanément absent, viennent d’être victimes d’un crime qui s’est perpétré dans des conditions horribles de préméditation et de cruauté.

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UNE TUERIE effroyable au village.
A coups de couteau, de hache et de fusil, une famille de six personnes est anéantie.

De notre correspondant particulier :
Agen, 10 février. – Comme un coup de foudre éclatait, aujourd’hui, vers midi, au hameau de Farges, situé aux environs de Moirax, la nouvelle qu’un crime effroyable venait d’être commis dans la maison occupée par la famille Dieulafait (sic).
Toute cette famille, au nombre de six personnes, affirmait-on, avait été massacrée à coups de couteau, de hache et de fusil ; la nouvelle n’était, hélas, que trop exacte.
[…]
Quel est le mobile du crime ?
D’ores et déjà il semble résulter que le crime a été commis par une ou plusieurs personnes connaissant bien les aîtres de la maison ; qu’il a été perpétré dans la nuit de lundi à mardi ; que le vol n’en as pas été le mobile. En effet, dans la maison, rien n’a été fouillé et toutes les clefs sont demeurées intactes sur les serrures. Nous avons essayé, pour notre part, de savoir s’il ne s’agissait pas d’une vengeance. Diverses personnes du pays que nous avons interrogées, nous ont déclaré que la famille Dieulafait jouissait de l’estime générale. C’étaient de petits rentiers, petits propriétaires, vivant modestement, peu communicatifs, ne demandant et ne devant rien à personne.
[…]
Le voile qui s’étend sur ces six dépouilles demeure, pour l’instant impénétrable aux yeux de tous. Demain parviendra t-il à le soulever ?
A. Carrière

Sources :

La Petite Gironde du jeudi 11 février 1932, à la page intérieure « Dernière heure » des services télégraphiques et téléphoniques spéciaux du journal.
La Dépêche du jeudi 11 février 1932.
La Une du journal est partagée entre la conférence internationale sur le désarmement qui se tient à Genève, le conflit sino-japonais à propos de Shanghai et l’annonce du crime.