Femmes face à la justice : Présumées coupables

Femmes face à la justice. Présumées coupablesLes Archives nationales ont présenté l’an dernier du 30 novembre 2016 au 27 mars 2017 à l’Hôtel de Soubise la remarquable exposition Présumées coupables qui mettait en perspective le thème du crime au féminin, objet de multiples fantasmes véhiculés depuis toujours par les mythes, la religion, l’iconographie, la littérature, le cinéma, etc. Les visiteurs étaient mis au contact de centaine de pièces de procédure qui leur donnaient une autre vision de cette criminalité et, plus généralement, de la place accordée à la femme dans les sociétés européennes, sur plus de cinq siècles d’histoire à travers cinq archétypes féminins : la sorcière, l’empoisonneuse, l’infanticide, la pétroleuse et la traîtresse.
Grâce à un partenariat avec le CLAMOR, l’exposition est désormais visible en ligne sur le site Criminocorpus, musée numérique de l’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Visitez l’exposition numérique

La plateforme Criminocorpus est portée par le CLAMOR, Centre pour les humanités numériques et l’histoire de la justice, une unité mixte de service créée par le CNRS et le ministère de la justice, en partenariat avec les archives nationales.

Corpus en ligne : les complaintes criminelles en France (1870-1940)

Complaintes criminellesJean-François « Maxou » Heintzen mène depuis plusieurs années des recherches sur le déclin des complaintes criminelles en France. La complainte est un chant populaire dont les paroles s’appliquent à la description d’un événement tragique, tandis que l’air renvoie à un timbre largement diffusé. Ces feuilles volantes (appelées aussi « canards ») étaient vendues par les colporteurs, les chanteurs ambulants, dans les foires ou sur les marchés. Si la tradition remonte à l’Ancien régime, on a longtemps cru que le genre ne passa pas la charnière du XIXe au XXe siècle, disparaissant sous la vague montante des quotidiens populaires et de leur supplément illustré, puis des magazines illustrés de fait divers (L’œil de la police, Détective, Police magazine). Or, les travaux de J-F. Heintzen démontrent que le genre des complaintes reste actif sinon prospère jusqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale. Le corpus qu’il offre aujourd’hui à la consultation en est la démonstration.

Complainte du grand maigre, Le crime de la rue Dulan, La femme coupée en 5 morceaux, Le curé assassin… Des vieillards assassinés, infanticide, fratricide, une jeune fille enterrée vivante avec son enfant, des satyres et des ogresses. Voilà autant de titres et de figures qui servent de thèmes aux complaintes criminelles rassemblées dans la base Complaintes criminelles (1870-1940) que nous venons de mettre à disposition dans le Musée Criminocorpus. La base propose une consultation adaptée sur toute taille d’écran. Son interface est inspirée de notre base collaborative sur le patrimoine judiciaire : HUGO. Patrimoine des lieux de justice (ouverte en mars 2017).

Cette nouvelle base de données rassemble un corpus de 823 complaintes relatives à 426 faits divers commis en France entre 1870 et 1940. Les complaintes sont géolocalisées au lieu du fait divers et une fonction permet d’afficher les faits divers à proximité de l’utilisateur, sous réserve qu’il n’ait pas désactivé la fonction de localisation.

Les timbres et les textes libres de droit seront peu à peu ajoutés ou signalés et mis en lien. L’auteur proposera également à terme quelques interprétations sonores. La base étant collaborative, il est possible d’envoyer des informations à son auteur.

Pour en savoir plus sur le sujet, on ne saurait trop recommander la lecture de l’article de Jean-François « Maxou » Heintzen : « Le canard était toujours vivant ! De Troppmann à Weidmann. La fin des complaintes criminelles (1870-1939) » publié dans la revue Criminocorpus (dossier « Musique et justice » 2013)

 

Projet « Au Tribunal » : la V2 du modèle de page

Lancé en 2015 par Sciences Po (Hélène Bellanger) dans le cadre d’un projet pédagogique numérique innovant, le programme « Au Tribunal » vise à élaborer avec les étudiants des contenus progressivement publiés après validation au sein de quatre rubriques : visite du Palais de justice de Paris, Cour d’assises, Grands procès et « Droit pénal ».

Le modèle de page spécifiquement conçu pour ce projet devait permettre d’afficher ou de donner accès en ligne à des vidéos aussi bien que des textes, des documents, des chronologies etc., sous forme de dalles imagées. Relativement complexe à mettre en œuvre, la publication des premières pages a très vite révélé les limites du modèle imaginé. Les premières pages en ligne contenant principalement des liens directs à des vidéos (extraits d’entretiens), l’utilisateur n’était pas suffisamment renseigné sur la nature du document : image ? texte ? vidéo ? Rien ne permettait de le deviner. La description des dalles n’était pas assez explicite car elles ne signalait que le nom de l’auteur et le thème abordé. A la limite, une page pouvait afficher plusieurs fois la même vignette de dalle avec le même nom d’auteur et le même thème, ce qui pouvait laisser croire à un dédoublement des contenus.

Au Tribunal. Amélioration du modèle de page

Le modèle de page a donc été repris durant l’été 2017 par l’ajout de pictogrammes permettant de repérer le type de contenu lié à la dalle : nouvelle page de contenu, vidéos, presse ou image.

Nous avons également amélioré le processus de publication en optant pour un dépôt systématique de toutes les vidéos dans les collections de la bibliothèque, ce qui permet de les décrire avec plus de précisions. La reprise des pages existantes et le transfert des vidéos dans les collections débutera en octobre 2017.