Le chant des crimes. Les complaintes de l’affaire Vacher

Le chant des crimes Marc Renneville éditions GaelisLivre à paraître le 25 avril 2021 aux éditions Gaelis.

Synopsis :

Ce livre musical raconte une affaire criminelle par la succession des complaintes qui s’y rapporte. L’affaire choisie est celle de Joseph Vacher, tueur de bergers qui sévit dans le Sud-Est de la France entre 1894 et 1897. Vacher est l’un des premiers tueurs en série français. Égorgeur, violeur, éventreur, son mode opératoire et sa prédilection pour les jeunes victimes en font le prototype du meurtrier sexuel. Joseph Vacher incarne la figure du monstre criminel contemporain.

Embarquer le lecteur dans une plongée immersive, un retour au temps de l’affaire pour approcher au plus près l’expérience sensible de la réception populaire de l’affaire. Tel est le pari. Le lecteur peut adopter au choix la position du public, en écoutant les interprétations proposées par lien interactif, ou celle de l’interprète, chanteur ou musicien, grâce aux partitions.  À lire, à écouter et à chanter.

Voir le site dédié

Les éditions Gaélis ? La petite maison qui a tout d’une grande. Lancée en 2020, Gaelis Éditions porte une politique éditoriale en trois axes : musique (Christian Séguret), roman policiers historiques (Annabel Peyrard) et quotidien. Pour en savoir plus, voir son site web.

Histoire de la justice et patrimoine judiciaire. Séminaire 2020-2021 (EHESS)

séminaire histoire de la justice Marc RennevilleNota : Compte tenu de la forte incertitude qui pèse sur l’évolution de la crise sanitaire Covid19, ce séminaire annuel débutera pour l’année 2020-21 en mode visioconférence interactive.

Le séminaire explore l’histoire de la justice contemporaine et ses formes de patrimonialisation. L’histoire de la justice est notamment abordée par la fabrique de la conviction judiciaire pour saisir le processus aboutissant à une décision de justice, que celle-ci soit consensuelle ou contestée par les lectures médiatiques ou littéraires. La réflexion est menée à partir d’affaires judiciaires des XIXe-XXe siècles en France. Plusieurs séances seront consacrées cette année à l’affaire Vacher (1897) et à l’affaire Chambige (1888) en co-animation avec Jacqueline Carroy (EHESS).

Le deuxième axe questionne la notion de patrimoine judiciaire, son extension (matériel, immatériel) et ses recoupements avec d’autres domaines (patrimoine scientifique, patrimoine numérique). On s’intéresse ici aux savoirs, aux pratiques et aux mémoires des lieux de justice, aux modalités de leur valorisation (accès public, muséographie, documentaire, dispositifs numériques) et aux usages sociaux de ce patrimoine sombre. Une séance sera consacrée au recueil de témoignage filmé dans les prisons en co-animation avec Jean-Lucien Sanchez (ministère de la Justice) et le réalisateur Hervé Colombani. Une autre séance sera consacrée au webmedia et aux réseaux sociaux, en co-animation avec Pierre Prétou (PR histoire médiévale, U. de La Rochelle) et Emmanuelle Papinot (ergonome).

Pour plus d’informations, voir la page dédiée sur le site du CLAMOR

séminaire Marc Renneville histoire de la justice

Histoire de la phrénologie. Le langage des crânes en poche

Histoire de la phrénologie Marc RennevilleAvez-vous la bosse des maths, de la poésie ou de la peinture ? Cet inconnu présente-t-il la bosse du crime ou celle de la ruse ? Au XIXe siècle, certains savants peuvent répondre à ces questions. Et pour le prouver, ils tâtent des têtes de génies (Napoléon…), de criminels (Lacenaire…) et de fous. Leur théorie est vérifiée par l’examen de milliers de moulages et de centaines de crânes récoltés à Paris, à Londres, à Berlin, en Inde et en Océanie. Sûrs de leur bon savoir, les phrénologistes œuvrent pour un monde meilleur, peuplé de génies, de criminels amendés et de fous guéris.
Imaginée par François-Joseph Gall, défendue par de nombreux médecins, politiciens et artistes, la phrénologie oscille entre science légitime et technique divinatoire, avant de tomber dans un discrédit total. Reléguée au statut de science occulte puis longtemps oubliée, elle semble actuellement renaître de ses cendres. Des neurobiologistes contemporains lui rendent justice d’avoir établi le principe des localisations cérébrales, et d’éminents scientifiques estiment qu’elle a été la première science de l’homme rationnelle. Qu’en est-il exactement ?

Le langage des crânes. Histoire de la phrénologie, Paris, La Découverte, 324 pages.

Parue en 2020, cette nouvelle édition au format poche offre un texte  révisé, enrichi de 17 illustrations, mis à jour pour sa bibliographie et augmenté avec une postface inédite.

La première édition de ce livre a été publiée en 2000 par l’Institut pour la connaissance Sanofi/Synthélabo dans la collection « Les Empêcheurs de penser » dirigé par Philippe Pignarre. Le livre a reçu le prix du meilleur ouvrage de la Société française d’histoire de la médecine (2000).

Voir sur ce site la page de la première édition.

Qu’est-ce que la phrénologie ?

phrénologie Lavater GallLa « bosse des maths ». Voici, à première vue, tout ce qui reste de nos jours d’une étrange « science de l’esprit », la phrénologie, qui prétendait reconnaître les talents, les penchants et les facultés des individus en tâtant les bosses du crâne. Et pourtant…
Reléguée au statut de fausse science pendant plus d’un siècle, la phrénologie fait l’objet actuellement d’une réévaluation polémique. Selon les uns, elle serait la première véritable science de l’homme car elle aurait, la première, tenter d’asseoir la connaissance de l’homme sur l’exploration du cerveau. Selon d’autres, la phrénologie annoncerait, pour les mêmes raisons, le réductionnisme appauvrissant des sciences cognitives.

La phrénologie a été théorisée par le médecin François-Joseph Gall (1758-1828). Elle conjugue trois idées. La première est que le cerveau est le siège de toutes les facultés fondamentales de l’homme. La seconde, c’est que les diverses fonctions cérébrales correspondent à autant d’organes différents. La troisième, c’est que le crâne épousant fidèlement la forme du cerveau, on peut, en saisissant le relief crânien par palpation, dresser le portrait phrénologique des individus (cranioscopie).

L’enjeu de cette connaissance de l’homme est scientifique, social et politique. La phrénologie offre en effet une théorie générale des comportements mais aussi l’examen diagnostic précis qu’est la cranioscopie. La palpation du crâne permettant de déceler les aptitudes et les penchants profonds de chaque individu, il devient possible d’imaginer l’organisation scientifique d’une société rationnelle qui tiendrait compte de la « variété infinie du caractère moral et intellectuel des hommes ».

 

Histoire de la phrénologie Marc RennevilleVoir la présentation du livre Le langage des crânes. Une histoire de la phrénologie

Vacher l’éventreur face à ses juges. Le prix du sadisme

Joseph Vacher éventreur Archives d'un tueur en série Marc Renneville
Prix Sade de l’essai (2020)

J’apprends ces jours-ci que mon Vacher fait de la résistance et se maintient dans la deuxième sélection du Prix Sade 2020. Que fait ce livre d’histoire et d’archives dans un prix littéraire ? Je n’en sais trop rien mais je m’en réjouis car il va circuler dans les mains de lectrices et de lecteurs très avertis.

Vacher-Sade ? Attention, liaison dangereuse. Marie Bonaparte relevait, dans son étude sur Edgar Poe (Paris, Denoël, 1933), le pouvoir de fascination suscité par l’agir sadique du tueur de bergers : « Lorsque paraît sur la scène un de ces rares grands pervers, tel Vacher, ou Kürten, qui tuent pour le simple plaisir, l’âme entière de la foule est soulevée. Non pas par l’horreur seule, mais par un étrange intérêt, qui est la réponse de notre profond sadisme au leur. On dirait que nous tous, malheureux civilisés, aux instincts entravés, sommes en quelque sorte reconnaissants à ces grands criminels désintéressés de nous offrir de temps en temps le spectacle de nos plus primitifs et coupables désirs enfin réalisés ».

De cette filiation sadienne, Vacher est « innocent » – pour utiliser un terme qui lui était cher – car il n’en a jamais parlé et aucun de ses écrits ne fait référence au divin marquis. Si la liaison entre les deux hommes est aujourd’hui évidente, on ignore qu’elle est le produit d’une histoire tragique nouée dans le désir de punir. Le rapprochement de Vacher et Sade date en effet du temps même de l’affaire et l’enjeu n’est pas alors littéraire mais judiciaire. Et la mise, c’est la tête d’un homme. Vacher est-il fou ? Doit-il retourner à l’asile pour y être soigné ou est-il assez conscient et responsable de ses actes pour être déclaré apte à la guillotine ? Le rapport médico-légal d’expertise signé par le médecin Alexandre Lacassagne et deux confrères déclare après une longue mise en observation que l’inculpé Vacher n’est ni fou ni malade. C’est un type d’assassin pervers et sadique, qui prend plaisir à voir souffrir ses victimes. Vacher n’avait pas besoin d’avoir lu Sade pour pratiquer le sadisme. Sur la foi de cette expertise, l’accusé Vacher est déclaré responsable de ses actes. Condamné à mort, il est guillotiné le 31 décembre 1898 à Bourg-en-Bresse. Moins de deux mois après l’exécution, Alexandre Lacassagne justifie la position des experts en publiant un livre intitulé Vacher l’éventreur et les crimes sadiques, reproduit dans le recueil publié chez Millon. On y trouve notamment une note sur le sadisme « au point de vue de la médecine légale » et l’une des premières études sur l’œuvre et la vie de Sade, signée de Marciat, pseudonyme de César Tournier, élève de Lacassagne.

L’affaire Vacher est ainsi un cas unique dans les annales judiciaires par la place prise par Sade et sadisme dans la qualification de l’accusé. Elle y a atteint par le jeu de l’expertise un paroxysme tragique, décidant au final de la capacité du coupable à répondre de ses crimes. Acceptée par le jury, récusée par le défenseur de l’accusé, l’assimilation du sanguinaire Vacher au marquis de Sade a permis la condamnation à mort du tueur de bergers. Cette lecture clinique fut pourtant très discutée, contestée et la position du docteur Lacassagne suscita une controverse que son Vacher l’éventreur et les crimes sadiques ne parvint pas à éteindre. Alors, qu’en penser de nos jours ? Les pièces du dossier sont dans Vacher l’éventreur. Archives d’un tueur en série. Les jurés du prix apprécieront. Le jugement est mis en délibéré. La décision sera rendue publique en septembre 2020.

Marc Renneville

Prix Sade 2020Actualisation du billet (4 octobre 2020) : Vacher l’éventreur. Archives d’un tueur en série est lauréat du prix Sade 2020 dans la catégorie « essai ».

Le prix Sade 2020 a été attribué à Chienne de Marie-Pier Lafontaine (Le Nouvel Attila).

Le jury a tenu à décerner un prix spécial au Journal intime (1926 – 1940) de Julien Green (Laffont Bouquins).

Un prix du livre d’art est décerné pour deux livres et donc à deux lauréats :
Les Tasses de Marc Martin (Agua).
Céroplastie, corps immortalisés, de Nathalie Latour (Le Murmure) avec des photographies de Thomas Deschamps.

Quand la phrénologie devient science-fiction : La solênopédie ou l’éducation par les tuyaux.

Marc Renneville Solênopédie phrénologie

Publié en 1838 vingt ans après le Frankenstein de Mary Shelley, ce texte rare et méconnu constitue l’un des tout premiers récits de science-fiction française. La maison d’édition Jérôme Millon en propose la réédition avec une illustration originale de Xavier Coste et une postface éclairant le contexte de publication d’un texte qui réserve bien des surprises.

La solênopédie ou révélation d’un nouveau système d’éducation phrénologique pour l’homme et les animaux

Retranché dans un château en ruines, un savant a trouvé le moyen de contrôler le comportement des êtres vivants grâce à une découverte combinant les principes de la chimie, de la pile voltaïque et de la phrénologie. En trépanant les crânes pour stimuler les localisations fonctionnelles du cerveau, le docteur T. considère qu’il œuvre à l’amélioration de l’humanité. Ayant pleinement réussi sur les animaux, il tente d’appliquer sa technique d’éducation-sur six enfants cobayes. L’inventeur n’a révélé le secret de sa découverte qu’à un étranger, en échange de son silence.

Postface « L’éducation future » :

La postface expose les conditions de publication et de réception de la Solênopédie. Elle éclaire le contexte scientifique et littéraire de l’édition originale et établit définitivement l’identité de l’auteur . Oscillant entre canular littéraire et conte moral, la solênopédie est un texte original posant des questions relevant aujourd’hui de la bioéthique.

Présentation du livre sur le site de l’éditeur.

Et pour en savoir plus sur la phrénologie, voir Le langage des crânes. Histoire de la phrénologie.