Corpus en ligne : les complaintes criminelles en France (1870-1940)

Complaintes criminellesJean-François « Maxou » Heintzen mène depuis plusieurs années des recherches sur le déclin des complaintes criminelles en France. La complainte est un chant populaire dont les paroles s’appliquent à la description d’un événement tragique, tandis que l’air renvoie à un timbre largement diffusé. Ces feuilles volantes (appelées aussi « canards ») étaient vendues par les colporteurs, les chanteurs ambulants, dans les foires ou sur les marchés. Si la tradition remonte à l’Ancien régime, on a longtemps cru que le genre ne passa pas la charnière du XIXe au XXe siècle, disparaissant sous la vague montante des quotidiens populaires et de leur supplément illustré, puis des magazines illustrés de fait divers (L’œil de la police, Détective, Police magazine). Or, les travaux de J-F. Heintzen démontrent que le genre des complaintes reste actif sinon prospère jusqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale. Le corpus qu’il offre aujourd’hui à la consultation en est la démonstration.

Complainte du grand maigre, Le crime de la rue Dulan, La femme coupée en 5 morceaux, Le curé assassin… Des vieillards assassinés, infanticide, fratricide, une jeune fille enterrée vivante avec son enfant, des satyres et des ogresses. Voilà autant de titres et de figures qui servent de thèmes aux complaintes criminelles rassemblées dans la base Complaintes criminelles (1870-1940) que nous venons de mettre à disposition dans le Musée Criminocorpus. La base propose une consultation adaptée sur toute taille d’écran. Son interface est inspirée de notre base collaborative sur le patrimoine judiciaire : HUGO. Patrimoine des lieux de justice (ouverte en mars 2017).

Cette nouvelle base de données rassemble un corpus de 823 complaintes relatives à 426 faits divers commis en France entre 1870 et 1940. Les complaintes sont géolocalisées au lieu du fait divers et une fonction permet d’afficher les faits divers à proximité de l’utilisateur, sous réserve qu’il n’ait pas désactivé la fonction de localisation.

Les timbres et les textes libres de droit seront peu à peu ajoutés ou signalés et mis en lien. L’auteur proposera également à terme quelques interprétations sonores. La base étant collaborative, il est possible d’envoyer des informations à son auteur.

Pour en savoir plus sur le sujet, on ne saurait trop recommander la lecture de l’article de Jean-François « Maxou » Heintzen : « Le canard était toujours vivant ! De Troppmann à Weidmann. La fin des complaintes criminelles (1870-1939) » publié dans la revue Criminocorpus (dossier « Musique et justice » 2013)

 

Projet « Au Tribunal » : la V2 du modèle de page

Lancé en 2015 par Sciences Po (Hélène Bellanger) dans le cadre d’un projet pédagogique numérique innovant, le programme « Au Tribunal » vise à élaborer avec les étudiants des contenus progressivement publiés après validation au sein de quatre rubriques : visite du Palais de justice de Paris, Cour d’assises, Grands procès et « Droit pénal ».

Le modèle de page spécifiquement conçu pour ce projet devait permettre d’afficher ou de donner accès en ligne à des vidéos aussi bien que des textes, des documents, des chronologies etc., sous forme de dalles imagées. Relativement complexe à mettre en œuvre, la publication des premières pages a très vite révélé les limites du modèle imaginé. Les premières pages en ligne contenant principalement des liens directs à des vidéos (extraits d’entretiens), l’utilisateur n’était pas suffisamment renseigné sur la nature du document : image ? texte ? vidéo ? Rien ne permettait de le deviner. La description des dalles n’était pas assez explicite car elles ne signalait que le nom de l’auteur et le thème abordé. A la limite, une page pouvait afficher plusieurs fois la même vignette de dalle avec le même nom d’auteur et le même thème, ce qui pouvait laisser croire à un dédoublement des contenus.

Au Tribunal. Amélioration du modèle de page

Le modèle de page a donc été repris durant l’été 2017 par l’ajout de pictogrammes permettant de repérer le type de contenu lié à la dalle : nouvelle page de contenu, vidéos, presse ou image.

Nous avons également amélioré le processus de publication en optant pour un dépôt systématique de toutes les vidéos dans les collections de la bibliothèque, ce qui permet de les décrire avec plus de précisions. La reprise des pages existantes et le transfert des vidéos dans les collections débutera en octobre 2017.

 

 

Criminocorpus lance HUGO, une recherche participative sur le patrimoine des lieux de justice

 

HUGO. Histoire des lieux de justiceÉlargir le cercle des contributeurs de Criminocorpus. Musée d’histoire de la justice en ligne… Cela faisait longtemps que nous en rêvions.

Avec le projet « Au Tribunal » mené par Hélène Bellanger à Sciences Po, nous avons pu associer en 2015 des élèves de Sciences Po à la mise en ligne sur Criminocorpus d’une rubrique consacré au Palais de justice de Paris. Cette fois-ci, nous ouvrons avec le projet HUGO un recueil de données participatif, ouvert au public.

Réalise en partenariat avec les Archives nationales, HUGO est un nouveau service en ligne dédié à la connaissance partagée du patrimoine judiciaire. Il vise à dresser un inventaire géolocalisé des lieux de jugement et d’exécution des peines en rassemblant des informations relatives à l’architecture, l’histoire et la mémoire des lieux.

Son interface de consultation bilingue et en libre accès est destinée à faciliter le recueil d’informations et les recherches sur le patrimoine judiciaire. La fonction de géolocalisation permet à tout utilisateur en déplacement de savoir s’il existe un lieu de justice près du lieu où il réside.

Conçu sur une base participative, HUGO offre ainsi à chacun la possibilité de contribuer à la collecte des données par un formulaire complet ou simplifié.

Ce projet est piloté par le CLAMOR. Centre pour les humanités numériques et l’histoire de la justice (UMS 3726). Il a reçu le soutien de la Mission de recherche Droit et Justice et de la région Normandie. Il est réalisé en partenariat avec les Archives nationales, l’Université de Rouen, l’équipe InTRu (Tours), l’École nationale d’administration pénitentiaire et le Centre d’histoire judiciaire de Lille.

Le compte Twitter  @HUGOgeojustice relaie l’actualité du site en signalant les nouveaux lieux disponibles.

Plus d’information sur le projet : https://hugo.criminocorpus.org/fr/

Vous souhaitez participer ?  Rendez-vous sur : https://criminocorpus.org/fr/reperes/lieux-de-justice/hugo-participer-au-projet/

Pour en finir avec l’affaire Seznec

Pour en finir avec l'affaire SeznecAffaire criminelle considérée par beaucoup comme la plus importante du XXe siècle, devenue symbole de l’erreur judiciaire, l’affaire Seznec a suscité plus que toute autre des investigations, des enquêtes, des commentaires, des positions, des fictions sur une durée qui approche désormais la centaine d’années. Rappelons que l’affaire a débuté en juin 1923 avec la disparition de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, alors qu’il voyageait en Cadillac avec Guillaume Seznec. Partis de Rennes, les deux hommes se rendaient à Paris où ils comptaient vendre l’automobile. Très vite, les soupçons de meurtre se sont concentrés sur la personne de Seznec en raison de la découverte d’une promesse de vente de propriété de Quémeneur à son profit, pour un prix très inférieur à celui du marché. L’acte fut reconnu comme un faux, ce que dénia Seznec, qui fut accusé d’avoir contribué à cette falsification et au meurtre de Quémeneur, dont on ne retrouva pas le corps. Seznec ne reconnut ni le faux ni le meurtre. Condamné en 1924 aux travaux forcés à perpétuité, il fut relevé de sa peine en 1947. Le condamné, sa mère et sa femme ne cessèrent de dénoncer une injustice et ils militèrent activement – en vain – pour une révision du procès. […]

Lire la suite de ce compte rendu sur la revue Criminocorpus. Histoire de la justice, des crimes et des peines

Prix Criminocorpus Jean-Claude Vimont

Prix criminocorpus jean-claude vimontLe Prix Criminocorpus – Jean-Claude Vimont, décerné par l’Association Criminocorpus sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines, récompense tous les deux ans une recherche sur l’histoire de la Justice dont l’auteur souhaite une valorisation dans le cadre de la plateforme Criminocorpus (Musée, revue). Notre association a travaillé dans l’esprit de Jean-Claude Vimont et c’est ainsi que nous avons décidé d’une modalité de distinction particulière. En effet, le prix ne vise pas à couronner un travail terminé mais plutôt à permettre la valorisation en ligne d’une étude ou d’une recherche de qualité.

La procédure du prix consiste ainsi en deux étapes :
1- Sélection du projet retenu par le jury, sur la base de critères tenant à la fois compte de la valeur du travail réalisé (apport à la connaissance historique, qualité des sources) et de la qualité du projet de valorisation numérique proposé (originalité, faisabilité)
2- Le projet retenu par le jury fait l’objet d’une réalisation avec l’appui du CLAMOR. Le temps de cette réalisation est de deux années civiles, sauf dérogation.
Pour en savoir plus, voir les informations utiles sur le Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines

Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines

Le 6 septembre 2016, le CLAMOR a ouvert en ligne le premier musée numérique dédié à l’histoire de la justice, des crimes et des peines.

Aux origines du Musée : Criminocorpus

Produit à l’initiative de la communauté scientifique, le Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines est issu d’une longue coopération originale entre chercheurs, archivistes, documentalistes et collectionneurs. Il prend appui sur l’intense activité de publications et de recherches menées depuis 10 ans autour du programme Criminocorpus.

Des bagnes aux tontons flingueurs, des faux-monnayeurs au Moyen Âge aux rebelles face à la justice, du code civil à l’ordonnance du 2 février 1945 relative à la justice des mineurs, de la criminologie à la peine de mort… Criminocorpus est devenu en dix ans une plateforme de référence du web scientifique en mettant articles et ressources documentaires à la disposition des étudiants, des enseignants, des chercheurs, des praticiens et des journalistes.

Un musée exclusif et librement accessible
En recomposant ses contenus sous la forme d’un musée, Criminocorpus entend poursuivre ses missions d’édition et de recherche tout en s’adressant à un plus large public afin de contribuer à une meilleure connaissance partagée de l’histoire méconnue de la justice, des crimes et des peines. Le Musée est régi par le CLAMOR (Centre pour les humanités numériques et l’histoire de la justice), une unité mixte de service placée sous la double tutelle du CNRS et du ministère de la Justice.

Librement accessible et totalement gratuit, le Musée présente à son ouverture un éventail de ressources numériques sans équivalent pour explorer la justice et son histoire.

Le site est organisé en cinq rubriques proposant des expositions thématiques (prisons, bagnes, peine de mort, art et justice), des visites de lieux de justice, des collections d’objets et de documents, des repères juridiques et chronologiques ainsi que des outils, instruments d’étude et de recherche. Le Musée ouvrira d’ici quelques mois un inventaire du patrimoine des lieux de justice auquel chacun pourra participer par la transmission d’informations, de photographies ou de documents.