Gabriel Tarde. The « Swallow » of French Criminology

‘The Anthem Companion to Gabriel Tarde’ offers the best contemporary work on Gabriel Tarde, written by the best scholars currently working in this field. Original, authoritative and wide-ranging, the critical assessments of this volume will make it ideal for Tarde students and scholars alike.

‘Anthem Companions to Sociology’ offer authoritative and comprehensive assessments of major figures in the development of sociology from the last two centuries. Covering the major advancements in sociological thought, these companions offer critical evaluations of key figures in the American and European sociological tradition, and will provide students and scholars with both an in-depth assessment of the makers of sociology and chart their relevance to modern society.

Marc Renneville, « Gabriel Tarde: The ‘Swallow’ of French Criminology » in Robert Leroux (dir), The Anthem Companion to Gabriel Tarde, Anthem Press, mars 2018, pp. 103-108

Gabriel Tarde is better known nowadays for his sociological theories and for his opposition to Emile Durkheim (1858-1917), but Tarde was above all one of the first to criticize the born-criminal theory of Cesare Lombroso (1835-1909) and was the author of an original theory on the perpetration of crime and penal responsibility. Tarde published widely in the field of criminology : he wrote commentaries on criminal statistics, he was in at the birth of crowd psychology, he put forward criteria for ensuring correct sentencing and he developed an original theory of crime and punishment. Tarde was one of Lacasssagne’s main collaborators on the Criminal Anthropology Records and he participated in numerous conventions on anthropology, sociology and penitentiary science. Although celebrated in his lifetime, Tarde’s reputation did not endure. One reason for this can be found in his writings : his books were in effect compilations of articles from which it was hard to distinguish a clear doctrine. Tarde was recognised as an erudite practicioner, but he was isolated and did not gain a wide following.

Read the complete article (pre-published version) on HAL-SHS

La pathologie du suicide. Pour une nouvelle histoire des enjeux médicaux et socio-politiques aux XIXe-XXe siècles

La pathologie du suicide. Histoire du suicideCette journée d’études a été organisée le 13 juin 2016 à l’Institut universitaire d’histoire de la médecine et de la santé publique (IUHMSP) à Lausanne avec le soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) et la Fondation pour l’Université de Lausanne.

Nous avons donc choisi pour cette journée d’étude de restreindre notre approche à la période contemporaine, prise sous l’angle de l’histoire des savoirs visant à produire une connaissance du phénomène suicidaire. Nous avons délibérément écarté la question du suicide dans la littérature au XVIIIe et au XIXe siècles, bien qu’il s’agisse d’un thème majeur qui a suscité de nombreuses études critiques (Alvarez 1973 ; Gates 1987 ; Bell 2011 ; Faubert 2015). Il ne s’agit pas pour autant d’ignorer les influences réciproques entre médecine et littérature, et tout particulièrement dans le champ de la folie et du suicide. Ces circulations, tant au niveau conceptuel et terminologique qu’au niveau descriptif, ont fait l’objet d’analyse en études littéraires et en humanités médicales, et qui permettent de mieux comprendre la médicalisation du suicide (Rigoli 2001 ; Roldan 2013). En précisant notre cadre d’études, nous avons également écarté certaines questions qui sont à la périphérie de l’acte du suicide, notamment le comportement autodestructeur qui a récemment fait l’objet d’études approfondies (Millard 2015 ; Chaney 2017). Les articles réunis dans ces actes partent de plusieurs axes d’études en histoire, qui ont déjà été bien élaborés, comme la question de la sécularisation et la médicalisation du suicide (MacDonald 1988, 1989 ; Kushner 1991), le rapport entre violence et suicide (Chesnais 1981) et la perspective du « genre » de la mort volontaire (Higonnet 1986 ; Kushner 1993 ; Fauvel 2016).

La majorité des études rassemblées dans les actes portent sur la France métropolitaine. Elles abordent la question du suicide en articulant la perspective médicale avec d’autres disciplines et discours qui ont été déterminants pour la compréhension de ce phénomène. Juan Rigoli examine les influences terminologiques et conceptuelles réciproques entre la littérature et la psychiatrie au début du XIXe siècle. Plus précisément, il met en évidence comment certaines notions comme l’ennui, le vague des passions et le tædium vitae se transforment en concepts psychiatriques dans les traités des aliénistes. Eva Yampolsky examine l’apport des premières études médico-légales sur la médicalisation du suicide. Elle étudie tout particulièrement la position ambiguë du médecin-légiste François-Emmanuel Fodéré, figure charnière entre la criminalisation et la médicalisation du suicide. Dans son article sur la médicalisation du suicide au XIXe siècle, Marc Renneville analyse la transformation des théories psychiatriques et l’influence que d’autres discours ont eu sur le statut du suicide, entre acte de folie, crime et péché. Il examine les débats psychiatriques sur le statut pathologique du suicide au milieu du siècle et le schisme qui se développe entre l’interprétation médicale et la position sociologique sur cet acte à la fin du siècle. Laurence Guignard étudie le rôle précis de la médecine et de la psychiatrie dans la prévention du suicide en prison. Devant l’important taux de suicide dans le milieu carcéral et la responsabilité portée par cette institution sur les prisonniers, elle analyse le niveau de contrainte et l’efficacité des mesures restrictives employées par le personnel médical et carcéral pour prévenir le suicide. Maria Teresa Brancaccio et David Lederer étudient comment des mouvements politiques influencent l’interprétation des statistiques du suicide, notamment celles qui ont été étudiées par le psychiatre Enrico Morselli en Italie et l’économiste Adolf Wagner en Allemagne. En concentrant leurs analyses sur le contexte de l’unification nationale en Allemagne et en Italie au XIXe siècle, ils montrent comment le taux du suicide est utilisé comme mesure de civilisation et de progrès d’un pays.

Étant donné l’important investissement international aujourd’hui dans la prévention du suicide, dont le taux semble résister à ces efforts, mais aussi l’apport que l’histoire peut contribuer à la compréhension de ce phénomène, il nous a semblé important d’ouvrir ce dossier à des perspectives contemporaines. Deux de ces articles portent sur le contexte contemporain de la prévention du suicide et de la suicidologie. L’anthropologue Michela Canevascini examine les outils dont dispose le corps médical dans un service d’urgence psychiatrique en Suisse pour faire face aux comportements suicidaires. Elle questionne la pertinence du dispositif médical dans le contexte de souffrance psychique légère et les contraintes institutionnelles et assécurologiques qui contribuent à la médicalisation des problématiques suicidaires. Howard Kushner, quant à lui, examine les obstacles rencontrés par la suicidologie comme discipline dans la compréhension et la prévention du suicide. Il montre que les difficultés de prévenir le suicide résultent non pas de la complexité de ce phénomène mais des postulats et des arguments moraux sur lesquels cette discipline se fonde.

Accéder aux Actes sur Criminocorpus. Revue hypermédia

Marc Renneville et Eva Yampolsky

Les monstres sont parmi nous

Revue BnF Parmi les monstresLes monstres sont parmi nous, les monstres attaquent, c’est monstrueux !

L’évocation de la figure du monstre est spontanément associée à une réaction de répulsion et de mise à distance de soi ou du collectif dans lequel l’individu se reconnaît. Le monstre, c’est d’abord l’autre ; les monstres, qu’ils soient amis ou ennemis, désignent un écart, une différence. Plutôt que d’offrir un panorama des divers types de monstres fantastiques, une galerie des êtres merveilleux ou curieux, le présent dossier entend porter une attention particulière à la fabrique et aux observateurs du monstre, et considérer le monstrueux comme un fait social.

Dossier dirigé par Thierry Laugée et Marc Renneville

Revue de la Bibliothèque nationale de France. n° 54, mars 2018

SOMMAIRE

Parmi les monstres (T. Laugée et M. Renneville), p. 11

« Morts vivants ». Le corps des monstres moraux dans les discours de Cicéron, BLANDINE CUNY-LE CALLET, p. 15

La bête du Gévaudan et ses archives, CHARLES-ÉLOI VIAL, p. 22.

Lacenaire, mise en scène d’un monstre, ANNE-EMMANUELLE DEMARTINI, p. 30

La mandragore, iconographie d’un mythe botanique, LUC MENAPACE, p. 41.

Tératologie. Quand le monstre devient objet de science, JEAN-LOUIS FISCHER, p. 51

La fabrique des monstres urbains au xixe siècle, ou la statuaire sous « l’empire de la science », OLIVIER VAYRON, p. 58

Les rouleaux illustrés de la Procession nocturne des cent démons, MATTHIAS HAYEK, p. 70

De Barnum à Freaks. Le monstre en spectacle. Entretien avec JEAN-JACQUES COURTINE. Propos recueillis par Marc Renneville, p. 81

Life Without Soul. Le monstre cinématographique de Frankenstein, MICHEL PORRET, p. 92

Umberto Eco, Merveilles et monstres exotiques. Extrait de la conférence du 27 mai 2004 consacrée à « l’ordre universel et les monstres », p.  103.

Le monstre marqueur de l’humanité originelle, de Piero di Cosimo à Ulisse Aldrovandi, ELINOR MYARA KELIF, p. 111

Le monstre allemand dans l’image entre 1914 et 1918, NICHOLAS-HENRI ZMELTY, p. 123.

 

WordPress : administrer un site pour les SHS

Administrer un site WordPress en SHSQuel est le CMS adapté pour un chercheur en sciences humaines et sociales ? Pourquoi choisir WordPress plutôt qu’Omeka, SPIP ou Drupal ? S’agit-il d’un éditeur fiable ? Comment le sécuriser ? Ce sont là quelques questions auxquelles j’ai été confronté ces derniers mois lors de la transformation fin 2015 du site Criminocorpus.org puis, début 2017, lorsqu’il a fallu faire face à des attaques sur le site du CLAMOR. Centre pour les Humanités numériques et l’histoire de la justice (UMS 3726) géré sous WP.

D’habitude, lorsque je soulève le capot d’un site, je cherche les solutions avec obstination, et si je les trouve, une fois appliquées, je m’empresse de les oublier… Cette fois-ci, j’ai pris des notes en pensant qu’elles pourraient être utiles aux collègues. Ce retour d’expérience sur WordPress a été publié sur le blog Huma-Num. La TGIR des Humanités numériques. Voir l’article

Pour en finir avec l’affaire Seznec

Pour en finir avec l'affaire SeznecAffaire criminelle considérée par beaucoup comme la plus importante du XXe siècle, devenue symbole de l’erreur judiciaire, l’affaire Seznec a suscité plus que toute autre des investigations, des enquêtes, des commentaires, des positions, des fictions sur une durée qui approche désormais la centaine d’années. Rappelons que l’affaire a débuté en juin 1923 avec la disparition de Pierre Quémeneur, conseiller général du Finistère, alors qu’il voyageait en Cadillac avec Guillaume Seznec. Partis de Rennes, les deux hommes se rendaient à Paris où ils comptaient vendre l’automobile. Très vite, les soupçons de meurtre se sont concentrés sur la personne de Seznec en raison de la découverte d’une promesse de vente de propriété de Quémeneur à son profit, pour un prix très inférieur à celui du marché. L’acte fut reconnu comme un faux, ce que dénia Seznec, qui fut accusé d’avoir contribué à cette falsification et au meurtre de Quémeneur, dont on ne retrouva pas le corps. Seznec ne reconnut ni le faux ni le meurtre. Condamné en 1924 aux travaux forcés à perpétuité, il fut relevé de sa peine en 1947. Le condamné, sa mère et sa femme ne cessèrent de dénoncer une injustice et ils militèrent activement – en vain – pour une révision du procès. […]

Lire la suite de ce compte rendu sur la revue Criminocorpus. Histoire de la justice, des crimes et des peines

Prix Criminocorpus Jean-Claude Vimont

Prix criminocorpus jean-claude vimontLe Prix Criminocorpus – Jean-Claude Vimont, décerné par l’Association Criminocorpus sur l’histoire de la justice, des crimes et des peines, récompense tous les deux ans une recherche sur l’histoire de la Justice dont l’auteur souhaite une valorisation dans le cadre de la plateforme Criminocorpus (Musée, revue). Notre association a travaillé dans l’esprit de Jean-Claude Vimont et c’est ainsi que nous avons décidé d’une modalité de distinction particulière. En effet, le prix ne vise pas à couronner un travail terminé mais plutôt à permettre la valorisation en ligne d’une étude ou d’une recherche de qualité.

La procédure du prix consiste ainsi en deux étapes :
1- Sélection du projet retenu par le jury, sur la base de critères tenant à la fois compte de la valeur du travail réalisé (apport à la connaissance historique, qualité des sources) et de la qualité du projet de valorisation numérique proposé (originalité, faisabilité)
2- Le projet retenu par le jury fait l’objet d’une réalisation avec l’appui du CLAMOR. Le temps de cette réalisation est de deux années civiles, sauf dérogation.
Pour en savoir plus, voir les informations utiles sur le Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines