Rapport d’expertise médico-légal sur l’état mental de Joseph Vacher (Bozonnet)

Le nommé Vacher, détenu, vingt-huit ans, est atteint de débilité mentale, d’idées fixes voisines des idées de persécutions, de dégoût profond pour la vie régulière.
Il présente une otite suppurée et une paralysie faciale, consécutives à un coup de feu.
Il affirme aussi avoir deux balles dans la tête.
La responsabilité de Vacher est très notablement diminuée.

Prison de Belley, le 19 septembre 1897.

Signé : Dr Bozonnet.

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Rapport médico-légal Guillemin constatant l’état mental du sieur Vacher (Joseph), inculpé de tentative d’assassinat.

Je soussigné Guillemin (Léon), médecin-adjoint de l’Asile public des aliénés du Jura, domicilié à Sain-Ylie, commis par M. le juge d’instruction de l’arrondissement de Baume-les-Dames, à l’effet d’examiner l’état mental du sieur Vacher (Joseph), âgé de 23 ans, sergent au 60e régiment d’infanterie, actuellement en congé, inculpé de tentative d’assassinat, faire connaître si l’inculpé jouit de toute la plénitude de ses facultés intellectuelles, s’il a conscience des actes qu’il commet et s’il doit être considéré comme responsable et dans quelle mesure.
Après avoir pris connaissance des pièces de la procédure et avoir interrogé le prévenu à plusieurs reprises, serment préalablement prêté, ai rédigé le rapport suivant :

FAITS ET RENSEIGNEMENTS

Etant au régiment, l’inculpé fit la connaissance de la nommée B… (Louise) et des promesses de mariage furent échangées entre eux. Vacher fut envoyé en congé de convalescence ; il se rendit dans sa famille, mais revint bientôt à Beaume-les-Dames, pays de la file B…. et sur les instances de celle-ci. Le prévenu vivait chez les parents de sa fiancée, depuis quelques jours, quand cette dernière le congédia sans aucun motif, en refusant de lui rendre les cadeaux qu’elle avait reçus. Rendu furieux, Vacher tira sur elle plusieurs coups de revolver, puis retournant son arme contre lui, il se tira trois coups de revolver.
Au régime, l’inculpé a donné à différentes reprises des inquiétudes au point de vue de son état mental. A deux reprises différentes, il fut envoyé en congé de convalescence comme ayant des propensions au délire des persécutions.
Cet état maladif s’était montré chez le prévenu depuis son arrivée au corps.
« Vacher a souvent frait preuve d’une grande surexcitation qui se traduisait par des querelles sans motif avec ses camarades. Il avait la manie de la persécution. A cet état nerveux a succédé un affaissement moral qui dura un certain temps.
Il m’écrivait des lettres où il m’exposait ses soi-disant malheurs. A plusieurs reprises, il a témoigné de son dégoût de la vie et il laissait volontiers hanter son esprit par l’idée de suicide. Un peu plus tard, il essaya de se précipiter par une fenêtre du deuxième étage ».
M. le lieutenant Greilsammer, commandant la compagnie où Vacher était sergent, n’est pas moins catégorique sur l’état mental de l’inculpé. Celui-ci était d’un caractère concentré, peu communicatif avec ses camarades ; ceux-ci cherchèrent à le faire sortir des idées noires qui le hantaient mais sans y parvenir. Poursuivi par la manie de la persécution, Vacher ne voyait autour de lui que des mouchards ou des gens cherchant à lui nuire. A certain moment, il sentait le besoin de donner libre cours à sa force musculaire ; il soulevait alors à bras tendu des objets mobiliers du casernement. Parois, il avait des insomnies pendant lesquelles il parlait seul, se livrant à des gestes menaçants. S’il avait eu quelque froissement avec es camarades, l’inculpé menaçait de leur couper le cou. Ils ne se couchaient plus alors sans craindre pour leur vie et plaçaient leur épée-baïonnette à côté d’eux. Vacher leur paraissait alors être un somnambule en proie à une idée fixe ; il exprimait alors le besoin qu’il avait de voir couler le sang. Depuis qu’il avait fait connaissance de la fille B…, son état s’était aggravé.
Ses chefs reconnaissent que l’inculpé était d’une conduite régulière.
Sa moralité était parfaite, son honorabilité et son honnêteté ne peuvent être mises en doute ; il était d’une grande sobriété.
Cette tendance d’esprit se manifestait déjà chez l’inculpé dès son plus jeune âge ; dans sa famille, il se montrait tel qu’il est aujourd’hui : violent, emporté, soupçonneux, mécontent. a six ans, il est mordu par un chien enragé. Dès l’âge de neuf ans, il se fait remarquer par ses extravagances. On lui confie une voiture, il la met en pièces pour se distraire, il s’amuse à couper les jambes aux bestiaux dont il a la garde. Plus tard, que sa famille lui adresse une remontrance, un faible reproche, il s’emporte, accuse ses parents de lui vouloir du mal, leur reproche de lui avoir refusé les moyens pour continuer ses études, part de chez lui et on ne le revoit pas de huit jours. Il occupe plusieurs places et partout ce sont des querelles.
A quinze ans, il entre comme novice dans la congrégation des frères de Saint-Genis-Laval, près de Lyon. Il y reste trois ans. Vacher voulait entrer dans l’enseignement, devenir une autorité, un chef dans le couvent, mais pour des motifs pécuniaires ses supérieurs se bornaient à l’employer aux travaux des champs. Il en conçut un vif chagrin, il s’adressa alors à sa famille qui ne put ou ne voulut pas accéder à ses désirs. De là ces idées de haine contre sa famille.
Comme antécédents héréditaires, une de ses sœurs aurait eu des accès de lypémanie avec idée de suicide ; un de ses oncles aurait fait des extravagances.

EXAMEN DIRECT

Lors de son entrée à l’Asile, Vacher se présente à nous dans l’état suivant :
De constitution robuste, malgré un amaigrissement assez marqué. Nous observons une dépression au niveau de la suture lambroïde, une asymétrie facile produite par la paralysie de la septième paire du côté droit. De ce côté, nous notons un abaissement de la commissure labiale, la joue est flasque et cède dans les expirations à la pression de l’air du dedans au dehors, s’enfle pour retomber ensuite ; par suite de la paralysie de l’orbiculaire des paupières, l’œil ne peut pas se fermer complètement.
A l’angle de la mâchoire inférieure existe un orifice par lequel on conduit un stylet jusqu’au maxillaire inférieur, suivant un trajet perpendiculaire à cet os, et d’une longueur de trois centimètres environ. Cette plaie est le siège d’une suppuration abondante.
Au lobule de l’oreille est aussi un orifice mais qui ne conduit dans aucun trajet.
La bouche ne peut s’ouvrir ; la voix est nasillarde et peu distincte ; la parole traînante ; la mastication très difficile.
L’état de l’inculpé est si précaire que nous sommes obligé de le placer à l’infirmerie.
Les premiers jours, il est abattu, bouleversé ; la plaie l’occupe seule et il faut le panser à chaque instant sous peine de subir ses doléances. Puis viennent des plaintes continuelles, il nous accuse de vouloir le faire mourir, de ne pas nous occuper de lui alors que nous nous intéressons plus à lui qu’aux autres malades.
Chaque matin, à la visite, il nous demande si on veut bientôt l’opérer. Accédant à ses désirs, nous préparons tout pour le 15 juillet. Amené dans la chambre d’opération, Vacher se débat, ne veut pas respirer le chloroforme et refuse de se laisser opérer. Le lendemain, il écrit à sa sœur une lettre dans laquelle il s’exprime en ces termes : « Comme je peux encore supporter ma souffrance, j’aime autant attendre parce que je sais bien qu’ils veulent me tuer, mais non me guérir, car il y a longtemps qu’ils auraient fait cette opération s’ils avaient voulu me soulager ».
Dans cette lettre, il menace d’attenter à ses jours si on le retient à l’Asile après sa guérison. D’ailleurs sans l’amitié qu’il avait pour cette fille, il se serait déjà détruit, car il y a des moments où il ne sait plus ce qui le retient sur terre.
A nous il se plaint d’avoir un caractère porté à l’ennui ; on lui en veut, mais là se bornent les confidences qu’il consent à nous faire.
Le 20 juillet, un véritable accès d’agitation se déclare. Au réveil il est un peu excité, accuse les médecins de le négliger, de vouloir le laisser mourir de ses balles dans la tête, aussi demande-t-il son transfert à l’hôpital militaire de Besançon. A la visite, il s’assied sur son lit, parle avec animation, réclame des juges, peu lui importe la peine qui lui sera infligée, il connaîtra au moins le jour de sa liberté. Il n’est pas fou et ne doit pas rester à l’Asile. Si cependant on continue à le tenir enfermé, l’ennui le gagnera et il mettra fin à ses jours malgré la surveillance dont il sera l’objet. Puis il entre dans des récriminations contre sa fiancée ; celle-ci l’a indignement trompé, mais elle a dû être poussée par un autre. Il n’avait cependant pas l’intention de la tuer, mais de se tuer en chemin de fer.
Nous parvenons cependant à le calmer et nous obtenons de lui les aveux suivants :
Au régiment, son caporal lui en voulait et cherchait par tous les moyens à l’empêcher de parvenir. Quand on passait à côté de lui on chuchotait, on le regardait d’un mauvais œil, on le dénigrait auprès de ses supérieurs pour retarder son avancement. Il ignore depuis combien de temps il est à l’Asile et à quelle époque il a commis sa tentative d’assassinat.
A partir de ce moment l’inculpé se maintient devant nous ; il avoue même qu’au régiment il s’était fait de fausses idées. Les frères deviennent ses ennemis. Les trois ans passés dans leur maison sont la cause si sa vie est remplie de malheurs. C’est à eux qu’il doit le caractère sombre, inquiet, porté à la tristesse qui lui interdit un instant de bonheur, s’il n’avait pas été chez les Frères, il ne serait pas comme ça.
Telle n’est pas sa conduite devant les surveillants et les malades. Il leur raconte que nous nous moquons de lui, que nous passons devant son lit sans le regarder, le négligeant plus que les autres malades, que nous ne voulons pas l’opérer. Pendant la nuit il se relève pour écrire, accuse deux malades de chercher à le perdre dans l’estime du surveillant, les menace même. A certains moments il lève la tête, fixe les yeux, comme s’il entendait des voix invisibles. Le 25 août, on le voit s’élancer plusieurs fois en avant comme s’il voulait tomber sur quelqu’un ou prendre la course, il lève les yeux comme si quelqu’un l’interpellait ; ses traits sont troublés.

DISCUSSION

Il importe maintenant d’établir sur quel terrain morbide se trouve placé Vacher. Celui-ci est un délirant par persécution à la première période.
Cet état maladif remonte déjà à plusieurs années. Dans sa famille il était violent, emporté, soupçonneux. Au couvent il a l’ambition de devenir supérieur ; mais ses moyens pécuniaires ne lui permettent pas de continuer ses études, il accuse ses parents d’avoir entravé son avenir, viennent-ils à lui adresser une observation, il prétend qu’ils lui en veulent. L’inculpé se rend à Lyon, entre dans différentes places, qu’il quitte bientôt. A peine arrivé au régiment, il manifeste les mêmes idées de persécution ; simple soldat, un caporal le persécute, veut l’empêcher de parvenir ; sergent, ses camarades parlent mal de lui, le regardent d’un mauvais œil, chuchotent lorsqu’il passe à côté d’eux ; tous le dénigrent auprès de ses supérieurs, aussi écrit-il plusieurs lettres à ses chefs pour se disculper. Sur ces entrefaites il fait connaissance de la fille B…, son état s’aggrave, et il profère des menaces contre les sergents qui habitent dans la même chambre que lui.
A l’asile, cet état maladif suit sa marche progressive. Tout le monde s’est ligué contre lui ; nous avons pour lui toutes sortes de bontés, loin de nous en savoir gré, il nous accuse de vouloir le tuer, et non le guérir. Nous nous moquons de lui, nous passons devant son lit sans le regarder, nous serions heureux de l’envoyer au cimetière. Les malades sont ses ennemis ; ils le mouchardent, aussi profère-t-il des menaces contre eux.
Quoique l’inculpé nie les actes désordonnés auxquels il s’est livré le 25 août dernier, nous estimons qu’alors Vacher agissait sous l’influence d’hallucination de l’ouïe.

CONCLUSIONS

De ce qui précède, nous concluons :
1° Le sieur Vacher (Joseph) est atteint d’aliénation mentale caractérisée par le délire des persécutions
2° Il est irresponsable de ses actes.

Sainte-Ylie, le 12 septembre 1893

Signé : Guillemin

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Extraits de la lettre d’aveu de Joseph Vacher, destinée à être publié dans les journaux.

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Dieu – Droits – Devoirs

Belley le 7 octobre 1897,

A la France,

« Tampis pour vous si vous me croyez responsable…. Votre seule manière d’agir me fait prendre pitié pour vous… Si j’ai conservé le secret de mes malheurs, c’est que je le croyais dans l’intérêt général mais vu que peut-être je me trompe je viens vous faire savoir toute la vérité : Oui c’est moi qui est comis tous les crimes que vous m’avez reprochés… et cela dans des moments de rage. Comme je l’ai déjà dit à Mr le Docteur chargé du service médical de la prison de Belfort, j’ai été mordu par un chien enragé vers l’âge de 7 ou 8 ans mais dont je ne suis pas sûr moi-même bien que cependant je me souviens très bien d’avoir pris des remèdes pour cet effet. Mes parents seuls peuvent vous assurer des morsures, pour moi j’ai toujours cru depuis que j’ai du réfléchir à cet événement que ce sont les remèdes qui m’ont vicié le sang a moins que réellement ce chien m’est mordu. »

[…]

« Voilà, messieurs, ce qui est pour moi à cette heure mon impérieux devoir de vous faire savoir bien que me condamnerier vous encore innocent… Si je me suis cru coupable par moments ; c’est que je n’avais pas encore refléchi sur ces évènements, et si dans mon instruction j’ai dit plusieurs fois ce mot : C’est malheur, c’est au sujet du souvenir [ ?] ces évènements.

La lettre continue en marge gauche de chaque page déjà écrite :

« Il faut que je vous dise aussi que les abominalités que j’ai vu se dérouler sous mes yeux à l’asile d’aliénés de Dôle ont certainement accentués ma maladie ou plus tôt ma rage. Je craignais aussi que le méchant monde ne fassent [retoinper ?] ces fautes sur mes pauvres parents qui ont du tant souffrir d’un pareille silence depuis que je traverse la France comme un enragé me guidant sur le soleil seul…
Que ceux qui croient pleurer sur moi, pleurent donc sur eux. Il vaudrait mieux peut-être pour eux être à ma place…
Aidez-vous, Dieu qui permet tout et dont nul humain en connaient ses vues vous aideroi.

Signé Vacher Jh »

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Le langage des crânes. Index des noms cités

langagedescranesA
Abrantès Laure Permon, duchesse d’
Adelon Nicolas P.
Andral Gabriel
Andrieux François
Antonmarchi François
Appert Benjamin
Arago François
Aristote
Auban Camille
Augustin saint
Aulagnier François M.-A.
Azaïs Hyacinthe

B
Bacon Francis
Badiche Marie Léandre, abbé
Bailey Percival
Baillière Jean-Baptiste
Bailly (de Blois) Etienne-Marin
Balzac Honoré de
Banks Joseph
Barbe Marie-Anne
Barbé-Marbois François de, marquis
Barbier Aristide
Barrier François
Baartmann Saartje
Baudin Nicolas
Bazard Saint-Amand
Beccaria Cesare
Béclard Jules
Beldfield Henri
Belhomme Jacques-Etienne
Belin Eustache
Bell Charles
Béranger Pierre-Jean de
Béraud Pierre
Berbrugger Adrien
Berton Jean-Baptiste, général
Besnard François-Guillaume, abbé
Beunaiche de Lacorbière Jean-Baptiste
Bichat Xavier
Biett Laurent-Théodore
Bigonnet Jean-Adrien
Billod Eugène
Blainville Henri Ducrotay de
Blanchard Jean-Pierre
Blanchard Emile
Blanchet de Cherbourg M. (médecin)
Blanqui Auguste
Blondel Charles
Blondeau Hyacinthe
Blumenbach Johann-Friedrich.
Bodin Laurent
Bojanus Ludwig-Heinrich
Bonin Gerhardt von
Bonnelier Hippolyte
Bonnet Charles
Bossuet Jacques
Bottex Alexandre
Botticelli Sandro
Bouillaud Jean
Bourdois de la Mothe Edme-Joachim
Bourjot saint-Hilaire Alexandre
Brachet Jean-Louis
Braid James
Bray Charles
Brierre de Boismont Alexandre
Brillat-Savarin Anthelme
Broca Paul
Broussais Casimir
Broussais Francois J.-V.
Brown John
Brugnot Charles
Buchanan Joseph Rodes
Buffon Georges Louis Leclerc, comte de
Buonarotti Filippo

C
Cabanis Pierre J.-G.
Cadet de Gassicourt Félix
Cadoudal Georges
Cagliostro Alessandro, comte de
Caldwell Charles
Camper Petrus
Canguilhem Georges
Capo d’Istria
Cattel Eva
Carême Marie-Antoine
Cels Jacques-Philippe-Martin
Cerise Laurent
Cervantès Miguel de
Champollion Jean-François
Charles X
Charles XII de Suède
Chamisso Aldebert de
Changeux Jean-Pierre
Chapelain Pierre
Chateaubriand René de
Chérubini Salvador
Choiseul Claude-A.-G., duc de
Chomel Auguste
Choris Louis
Cloquet Hippolyte
Cloquet Jules
Colburn Zérah
Colombat Marc
Condillac Etienne Bonnot de, abbé
Combe Andrew
Combe George
Comte Auguste
Conrad Joseph
Considérant Victor
Constant Benjamin
Contèle
Cook James
Corvisart Jean-Nicolas
Courtet de Lisle Victor
Cousin Victor
Crébassol Antoin
Croce Benedetto
Cubi y Soler Mariano
Curtius
Custine Delphine de Sabran, marquise Armand de
Cuvier Georges
D
Dagonet Henri
Dannecy Matthias
Dantan Jeune Jean-Pierre dit
Dante Alighieri
Daubenton Louis-Jean-Marie
Daumier Honoré
Daunou François P.-C.
David d’Angers Pierre-Jean
Davy Humphrey
Debierre Charles
Debout Emile
Decazes Elie, duc
Dehaene Stanislas
Déjazet Virginie
Delavigne Casimir
Delasiauve Louis
Delessert Gabriel A.-M.
Delmas André
Demangeon Jean-Baptiste
Descartes René
Desgenettes René Nicolas, baron
Desgraz César
Desmarets Pierre-Marie
Destutt de Tracy Antoine comte de
Deville James
Dinocourt Théophile
Dorval Marie
Doudeauville Ambroise, Polycarpe de la Rochefoucauld, duc de
Douin Sophie
Double François
Dubois d’Amiens Frédéric
Dubosc Pierre
Duchène ou Duchesne (de Givors)
Ducorps Louis-Jacques
Ducpétiaux Edouard
Dumas Alexandre (père)
Dumas Charles-Louis
Duméril Constant
Dumont d’Urville Jules S.-C.
Dumoutier Alexandre
Dupasquier Alphonse
Dupin André Jacques (dit aîné)
Dupont de Nemours Pierre-Samuel
Dupont de l’Eure Jacques-Charles dit
Dupoty Michel-Auguste
Dutouquet Ernest

E
Edwards Williams Frédéric
Eichthal Gustave d’
Eldir Alina, princesse d’
Eliot George
Enfantin Prosper Barthélémy dit le Père
Escoussé Victor
Esquirol Jean-Etienne-Dominique
Esquiros Alphonse
Etienne Henri
Etoc-Demazy Gustave

F
Fabre François
Falret Jean-Pierre
Faucher César
Faucher Léon
Ferri Enrico
Ferrus Guillaume M.-A.
Fichte Johann Gottlieb
Fieschi Giuseppe
Florens Jean
Flourens Pierre
Fodéré François-Emmanuel
Foissac Pierre
Fontaneilles François-Philibert
Fossati Giovanni
Fouché Joseph
Fouquier Pierre Eloi de Maisseny
Fourcroy Antoine François de
Fourier Charles
Foville Achille-Louis
Fowler Lorenzo N.
Fowler Orson S.
Foy Maximilien-Sébastien, général
Foyatier Denis
François II (de Habsbourg-Lorraine)
François IV, duc
Franklin-Berger Victor
Frapart N. N.
Frère Ph-A., abbé
Freycinet Louis de

G
Gage Phineas
Gaimard Paul
Gall François-Joseph (passim)
Gallois Napoléon
Galton Francis
Gannal Jean-Nicolas
Garay de Monglave Eeugène de
Garnier-Pagès Etienne
Garnot Prosper
Gaubert Pierre
Gavarni Sulpice-Guillaume chevalier dit Paul
Gensoul Joseph
Gentil Paul
Geoffroy saint-Hilaire Etienne
Geoffroy saint-Hilaire Isidore
Georget Etienne-Jean
Gérard François, baron
Gérando Joseph-Marie de, baron
Géricault Théodore
Gervais (de Fresville) Gabriel Florentin
Girardin Emile de
Gisquet Henri
Goethe Johann Wolfgang von
Gratiolet Pierre
Grégoire XVI, pape
Grégoire Henri, dit l’abbé
Grégoire de Nysse
Grimes Stanley
Gromier Emile
Guérin Jules
Guerry André-Michel
Guislain Joseph
Guizot François

H
Hallé Jean-Noël
Hammel Henning
Hamy Ernest-Théodore
Harel Charles
Haydn Joseph
Hegel Georg Wilhem Friedrich
Herder Johann Gottfried
Hermann Jean
Hombron Jacques-Bernard
Homère
Hugo Victor
Hutin Philippe

I
Imbert Fleury

J
Jacquinot Charles-Hector
Jacquinot Honoré
James Constantin
Janin Jules
Joséphine de Beauharnais
Jullien Marc-Antoine

K
Kant Emmanuel
Karr Alphonse
Koechlin André
Koreff David-Ferdinand
Kotzebue August von
Kotzebue Otto von

L
Labbey Théodore
Laborde Alexandre, comte de
Lacassagne Alexandre
Lacenaire Pierre-François
Lacordaire Henri
Laënnec René-Théophile-Hyacinthe
Lafargue Jules
Lafayette Marie-Joseph Mortier, marquis de
Laffitte Jacques
Lallemand François C.
Lamarck Jean-Baptiste
Lamarque Maximilien, général
Lamartine Alphonse de
Lammenais Félicité de
La Rochefoucauld-Liancourt François-Alexandre-Frédéric, duc de (père)
La Rochefoucauld-Liancourt François-Armand-Frédéric duc de (fils)
Laromiguière Pierre
Larrey Dominique Jean
Las Cases Emmanuel (père), comte de
Las Cases Emmanuel de (fils)
Lasteyrie du Saillant Charles, comte de
Latour Amédée
Laubmeyer
Lavater Johann-Caspar
Lazanski, comte
Lebras Auguste
Ledru-Rollin Alexandre-Auguste Ledru dit
Legouvé Ernest
Legrand du Saulle Henri
Lélut Louis-Francisque
Lemaire Philippe-Joseph-Henri (sculpteur)
Lemaire L.C. ( ?) médecin
Lemoine
Lenoir Alexandre
Le Pelletier de Saint-Fargeau Ferdinand-Louis-Félix.
Le Rousseau Julien
Le Roy Georges
Lesson René-Primevère
Le Tasse
Leuret François
Linné Carl von
Liszt Frantz
Littré Emile
Locke John
Lombroso Cesare
Londe Charles
Longet François A.
Louis-Philippe
Louis XVIII
Louis XV
Lucas Charles
Luchet Auguste

M
Magendie François
Mahul Alphonse
Maine de Biran Marie-François Gonthier de Biran dit
Mangiamèle Vito
Manuel Jacques A.
Marc Charles-Chrétien-Henri
Marchal de Calvi Charles
Marquet Vasselot Louis-Augustin-Aimé
Maussion Alfred, comte de
Mège Jean-Baptiste
Mesmer Franz-Anton
Metternich Clément, prince de
Michaud Joseph-François
Michel-Ange
Mirabeau, Riquetti Gabriel Honoré, comte de
Mirbel Charles-François Brisseau de
Molière
Moreau Hégésippe
Moreau Louis-Ignace
Moreau-Christophe Louis-Mathurin
Morel Bénédict-Augustin
Morton Samuel
Moulin Bernard
Musset Alfred de

N
Napoléon Ier
Napoléon III
Niederhauser John

P
Parent-Duchatelet Alexandre
Passy Hippolyte
Peisse Louis
Penot Achille
Périer Casimir
Péron François
Perrin Anthelme
Pétrarque
Pichart François-Louis
Pierquin (de Gembloux) Claude
Pietri Constantin de, abbé
Pigault-Lebrun (pseudonyme de Pigault de l’Epinoy) Charles-Antoine-Guillaume
Pihan Delaforest Ange Augustin Thomas
Piis Antoine-Pierre-Augustin
Pinel Philippe
Pinel-Grandchamp Félix
Poe Edgar A.
Ponsard François
Portal Antoine
Potocki A. comte
Potter Louis de
Pressat J. E.
Proudhon Pierre-Joseph

Q
Quetelet Adolphe
Quoy Jean-René-Constant

R
Rabelais François
Rachel Elizabeth Félix dite Mlle
Racine Jean
Raphaël
Rasori Giovanni
Raucourt de Charleville, colonel
Rayer Pierre
Récamier Anthelme C.
Récamier Juliette
Rémusat Paul de
Renan Ernest
Retzer Joseph Franz von, baron
Reynier Joseph
Ribot Théodule
Richerand Anthelme
Richard David
Robert le Jeune
Robin Paul
Roquemaurel Louis de
Rostan Louis
Rouget de Lisle Claude
Rousseau Jean-Jacques
Royer-Collard Hippolyte
Rush Benjamin

S
Sabatier Raphaël-B.
Sade, Donatien Alphonse François, marquis de
Saint-Aignan Auguste
Saint-Simon Claude-Henri de
Saint-Ursin Marie de
Sainte-Beuve
Sand George
Sandras Claude Marie Stanislas
Sarlandière Jean-Baptiste
Savary Félix
Scott Walter
Scoutteten Henri-Joseph
Scribe Eugène
Sénac Jean-Baptiste
Serres Etienne
Sestini Benedetto
Shelley Mary
Soemmerring Samuel Thomas von
Spurzheim Johann-Caspar
Stendhal
Streicher Andreas
Sue Eugène
Sunderland La Roy

T
Taine Hippolyte
Talleyrand Charles-Maurice
Tanchou Stanislas
Tellier François
Tenon Jean-René.
Ternaux Guillaume, baron
Théroigne de Méricourt Anne-Josephe
Thiers Adolphe
Topinard Paul
Treille Maurice
Trompeo Benedetto
Trousseau Armand

V
Valentin Gabriel Gustav
Van Gennep Arnold
Varole (Varolio) Costanzo
Vatimesnil Henri de
Velpeau Alfred
Verdier (de la Sarthe) Jean
Vicq d’Azyr Félix
Vidocq Eugène-François
Vieussens Raymond
Villèle Joseph, comte de
Villermé René-Louis
Vimont Joseph, comte de
Vincendon-Dumoulin Clément-Adrien
Virey Julien-Joseph
Voisin Félix
Volney Constantin-François Chasseboeuf de Boisgiray dit
Voltaire

W
Wins Camille
Wurtz Jean-Geoffroy

Z
Zach Franz Xaver Freiher von
Zender Joachim D. L.

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La folie meurtrière à l’écran

frankenstein_1931_2Frankenstein
(de J. Whale, 1931)

« Le crime est omniprésent dans les fictions cinématographiques produites depuis un siècle. Il traverse tous les genres, du peplum au thriller, du western au film catastrophe, du film de gangster au fantastique, du drame psychologique à la science-fiction…
La figure du fou criminel y tient une place de plus en plus prépondérante, si l’on en juge par les succès des films comme Shining (1980) et Basic Instinct (1992). Le phénomène se concentre depuis peu sur les tueurs en série, avec les titres qui ont trouvé un large public dans la dernière décennie du XXe siècle, du Silence des agneaux (1990) à Hannibal (2001) en passant par Tueurs-nés (1994), Seven (1995), Ugly (1997). Les réalisateurs français s’essaient au thème dans des productions de cinéma (Six-pack en 1999, Scènes de crime et Les Rivières pourpres en 2000) et des séries policières télévisées.
Ce tir groupé ferait presque oublier que le thème n’est pas neuf, puisqu’il est possible de dénombrer près de 900 films et téléfilms sur le sujet depuis les années vingt (S. Bourgoin). L’excellent rapport commercial du crime à l’écran avait déjà donné de nombreux signes avant-coureurs. Les années quatre-vingt ont été marquées par la suite de quatre Halloween et de sept Vendredi 13. La mini-série télévisée de Jack l’Eventreur (1988) a été suivie dès sa première diffusion en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis par plus de 64 millions de spectateurs et l’acteur Michael Caine y a trouvé son rôle le plus populaire.

Alfred Hitchcock a produit Psychose avec des moyens réduits (800 000 dollars) et les droits d’exploitation ont rapporté plus de 15 millions de dollars. Ce film a été son plus grand succès commercial et il fait sortir le « psychokiller » des séries B auquel il restait alors confiné. C’est aussi Frenzy (1972), une autre histoire de criminel psychopathe, qui permettra au maître du suspens de renouer avec le succès.

Quelques autres titres ont connu un large succès à leur sortie, de M le maudit de Fritz Lang (1931) – premier film réaliste sur un tueur en série – au désormais moins connu Hangover Square, de John Brahm (1945).
Le seul échec retentissant en ce domaine est le Monsieur Verdoux de Charles Chaplin (1946) mais il tient moins au thème même qu’à son traitement, puisque Chaplin y abandonne le personnage de Charlot pour jouer un Landru ambigu. Le contre-emploi de l’acteur vedette, l’humour macabre et la critique sociale présente dans le scénario sont certainement les causes de l’incompréhension du public.

Il est certes bien des films où l’on tue en série sans que la pathologie s’en mêle. Dans ces cas, la mort est administrée au nom d’une bonne cause, pour la patrie (film de guerre), pour préserver son honneur ou (se) faire justice (western). Dans ces films souvent manichéens, le comportement pathologique ne peut-être que chez l’ennemi qui, seul, pratique la torture. Il est toutefois impossible d’ériger ici des règles absolues. Si le western américain a produit peu de cow-boys « malades » de la gâchette, les réalisateurs italiens n’ont pas hésité à peindre une galerie de portraits beaucoup plus équivoque. Klaus Kinski est ainsi dans Le grand silence (1968) de Sergio Corbucci un chasseur de prime amoral qui tue sans état d’âme. On l’appelle « Loco » (le fou)… »
Extrait de M. Renneville, Crime et folie. Deux siècles d’enquêtes médicales et judiciaires, Paris, Fayard, chap. 14 « La folie meurtrière à l’écran ».

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frankenstein_1931

Filmographie sélective

1912, Quo Vadis ?, It., Enrico Guazzoni.
1913, L’étudiant de Prague (Der Student von Prag), All., Stellan Rye.
1919, Le cabinet du docteur Caligari (Das Kabinett des Dr Caligari), All., Robert Wiene.
1919, Dr. Jekyll et Mister Hyde, USA, Sheldon Lewis
1920, idem, USA, John S. Robertson ; Der Januskopf, All, Friedrich Wilhelm Murnau.
1920, The Penalty, USA, Wallace Worsley.
1922, Le docteur Mabuse (1. Dr Mabuse, der Spieler – 2. Inferno), All., Fritz Lang.
1922, Nosferatu le vampire (Nosferatu, Eine Symphonie des Grauens), F.W. Murnau.
1923, Raskolnikov, All, Robert Wiene.
1923, Les rapaces (Greed), USA, Erich von Stroheim.
1924, Le cabinet des figures de cire (Das Wachsfiguren Kabinett), All. Paul Leni.
1925, Les mystères d’une âme (Geheimnisse einer Seel), All., Georg Wilhelm Pabst.
1926, L’étudiant de Prague (Der Student von Prag), All., Henrik Galeen.
1926, Les cheveux d’or (The Lodger), G.-B., Alfred Hitchcock.
1928, L’homme qui rit, (The Man who Laughs), USA, P. Leni.
1929, Loulou (Die Büchse der Pandora), All., G. W. Pabst.
1930, Petit Cesar (Little Ceasar), USA, Mervyn Le Roy.
1931, L’ennemi public (The Public ennemy), USA, William Wellman.
1931, M le Maudit, All., Fritz Lang.
1931, Frankenstein, USA, James Whale.
1931, Docteur X (Dr X), USA, Michael Curtiz.
1932, Scarface (Scarface : The shame of a Nation), USA, Howard Hawks.
1932, La chasse du comte Zaroff (The most dangerous game), USA, Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel.
1932, Docteur Jekyll and Mister Hyde, USA, Rouben Mamoulian.
1933, Le testament du docteur Mabuse (Das Testament des Dr. Mabuse), All., F. Lang.
1933, L’homme invisible (The Invisible Man), USA, J. Whale.
1933, Masques de cire (Mystery of the Wax Museum), USA, M. Curtiz
1934 Obsession, Fr., Maurice Tourneur.
1934, Le chat noir (The Black Cat), USA, Edgar G. Ulmer.
1935, Crime et châtiment, Fr. Pierre Chenal.
1935, Le corbeau (the Raven), USA, Louis Friedlander.
1935, Le monstre de Londres (The Werewolf of London), USA, Stuart Walker.
1937, La force des ténèbres (Night must fall), USA, Richard Thorpe.
1937, Jeune et innocent (Young and Innocent), G.-B., A. Hitchcock.
1938, La bête humaine, Fr., Jean Renoir.
1939, L’étrange rêve (Blind Alley), USA, Charles Vidor.
1941, Docteur Jekyll et Mister Hyde, USA, V. Fleming
1942, La féline (Cat people), USA, Jacques Tourneur.
1943, L’ombre d’un doute (Shadow of a Doubt), USA, A. Hitchcock.
1943, Le corbeau, Fr., H.-G. Clouzot.
1944, Hantise (Gaslight), USA, George Cukor.
1944, Barbe-bleue (Bluebeard), USA, Edgar G. Ulmer.
1944, Jack l’éventreur(The Lodger), USA, John Brahm.
1945, Au cœur de la nuit (Dead of night), G.-B., Alberto Calvandi, Robert Hamer, Basil Dearden, Charles Crichton.
1945, Le récupérateur de cadavres (The Body Snatcher), USA, R. Wise.
1945, La maison du docteur Edwardes (Spellbound), USA, A. Hitchcock.
1945, Hangover Square, USA, John Brahm.
1945, Péché mortel (Leave her to Heaven), USA, J. Stahl.
1946, Monsieur Verdoux, USA, Charles Chaplin.
1946, La double énigme (The Dark Mirror), USA, Robert Siodmak.
1946, The Brute Man, USA, Jean Yarbrough.
1946, La bête aux cinq doigts (The Beast with five fingers), USA, Robert Florey.
1948, La corde (The rope), USA, Alfred Hitchcock.
1948, La fin d’un tueur (The Dark Past), USA, Rudolf Mate.
1949, C-Man, USA, Joseph Lerner.
1949, L’enfer est à lui (White Heat), USA, Raoul Walsh.
1949, House by the River, USA, F. Lang.
1951, L’auberge rouge, Fr., Claude Autant-Lara.
1951, L’inconnu du Nord-Express (Strangers on a Train), USA, A. Hitchcock.
1951, M le Maudit, USA, Joseph Losey.
1951, Quo Vadis ?, USA, Mervyn LeRoy
1952, Un si doux visage (Angel Face), USA, Otto Preminger.
1952, L’homme à l’affût (The Sniper), USA, Edward Dmytryk.
1953, L’homme au masque de cire (House of Wax), USA, André de Toth.
1954, Man in the Attic, USA, Ugo Fregonese.
1955, La nuit du chasseur (Night of the Hunter), USA, Charles Laughton.
1955, La vie criminelle d’Archibald de la Cruz (Ensayo de un crimen), Mex., Luis Bunuel.
1956, La mauvaise graine (The Bad Seed), USA, Mervyn Le Roy.
1956, Voici le temps des assassins, Fr., Julien Duvivier.
1956, Derrière le miroir (Bigger than Life), USA, Nicholas Ray.
1957, Les SS frappent la nuit (Nachts, wenn der Teufel kan), RFA, R. Siodmak.
1958, Maigret tend un piège, Fr., Jean Delannoy.
1958, Les sentiers de la gloire (Paths of Glory), USA, S. Kubrick.
1959, Crime au musée des horreurs (Horrors of the Black Museum), G.-B., Arthur Crabtree.
1959, Jack l’éventreur (Jack the the Ripper), G.-B., Robert S. Baker.
1959, L’impasse aux violences (The Flesh and the Fiends), G.-B., John Gilling.
1960, Psychose (Psycho), USA, A. Hitchcock.
1960, Le voyeur (Pepping Tom), G.-B., Michael Powell.
1960, Le cirque des horreurs (Circus of horrors), G.-B., Sydney Hayers.
1961, Les innocents (The Innocents), G.-B., Jack Clayton.
1961, Le moulin des supplices (Il mulino delle donne di pietra), It., Giorgio Ferroni.
1962, Landru, Fr., C. Chabrol.
1962, Paranoïaque (Paranoiac), G.-B., Freddie Francis.
1962, Les nerfs à vif (Cape Fear), USA, Jack Lee Thompson.
1962, Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? (Whatever Happened to Baby Jane ?), USA, Robert Aldrich.
1962, Un crime dans la tête (Mandchurian Candidate), USA, John Frankenheimer.
1962, La fille qui en savait trop (La ragazza che sapeva troppo), It, Mario Bava.
1963, L’Etrange histoire du juge Cordier (Diary of a Madman), USA, R. Le Borg.
1963, Maniac, G.-B., Michael Carreras.
1963, Sa majesté des mouches (Lord of the Flies), G.-B., Peter Brook.
1963, Dementia 13, USA, Francis Ford Coppola.
1963, Orgies sanglantes (Blood feast), USA, Herschell Gordon Lewis.
1964, La force des ténèbres (Night must fall), G.-B., Karel Reisz.
1964, Deux milles maniaques (2000 maniacs), USA, Herschell Gordon Lewis.
1964, Le tueur de Boston (The Strangler), USA, Burt Topper.
1964, Six femmes pour l’assassin (Sei Donne per l’assassino), It., Mario Bava.
1964, Docteur Folamour (Doctor Strangelove or How I learned to stop worrying and love the Bomb), USA, S. Kubrick.
1965, Répulsion (Repulsion), G.-B., Roman Polanski.
1965, La meurtrière diabolique (Strait jacket), USA, William Castle.
1965, L’obsédé (The Collector), USA, William Wyler.
1965, Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur ( A Study in Terror), GB, James Hill.
1966, La chambre des horreurs (Chamber of Horrors), USA, Hy Averback.
1966, La nuit des généraux (The night of the generals), France-USA, Anatole Litvak.
1967, De sang froid (In Cold Blood), USA, Richard Brooks.
1967, Les Anges violés (Okasareta byakui), Japon, Koji Wakamatsu.
1968, L’étrangleur de Boston, (The Boston Strangler), USA, Richard Fleischer.
1968, Le grand silence (Il grande silenzio), It., Sergio Corbucci.
1969, Pourquoi monsieur R. est-il atteint de folie meurtrière ? (Warum laüft Herr R. Amok ?), All., Rainer Werner Fassbinder.
1969, Le boucher, Fr., Claude Chabrol.
1969, La chasse aux sorcières (Die Hexenjagd), Tch., Otakar Vavra.
1970, Les tueurs de la lune de miel (The Honeymoon Killers), USA, Leonard Kastle.
1971, Orange mécanique (A clockwork Orange), G.-B., S. Kubrick.
1971, Le chat a neuf queues (Il gato a nove coda), It., Mario Bava.
1971, L’étrangleur de Rillington Place (Ten Rillington Place), G.-B., Richard Fleischer.
1971, Semaine d’un assassin (Cannibal man), Espagne, Iloy de la Iglesia.
1972, Frenzy, G.-B., A. Hitchcock.
1972, Taxi driver, USA, Martin Scorsese.
1973, La tendresse des loups (Die Zärtlichkeit des Wölfe), RFA, Ulli Lommel.
1974, Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chainsaw Massacre), USA, Tobe Hooper
1975, Folle à tuer, Fr., Yves Boisset.
1976, Le juge et l’assassin, Fr., B. Tavernier.
1977, La colline a des yeux (The Hills have Eyes), USA, Wes Craven.
1977, La saponificatrice (Gran Bollito), It., Mauro Bolognini.
1977, La machine, Fr., Paul Vecchiali.
1978, Violette Nozière, Fr., C. Chabrol.
1978, La nuit des masques (Halloween), USA, John Carpenter.
1978, Meurtres par décret (Murder by Decree), G-B., Bob Clark.
1979, Série noire, Fr., Alain Corneau.
1980, Terreur sur la ligne (When a Stranger calls), USA, Fred Walton.
1980, Shining, G.-B., S. Kubrick.
1980, Vendredi 13 (Friday the 13th), USA, Sean S. Cunningham.
1980, Fondu au noir (Fade to Black), USA, Vernon Zimmerman.
1981, Coup de torchon, Fr., B. Tavernier.
1981, Pulsions (Dressed to Kill), USA, Brian de Palma.
1982, Les fantômes du chapelier, Fr., C. Chabrol.
1984, Sang pour sang (Blood simple), USA, Joël Coen.
1985, Henry, portrait of a serial killer, USA, John Mac Naughton.
1988, Jack l’éventreur (Jack the Ripper), G.-B. USA, David Wicker.
1989, Docteur Petiot, Fr, C. Chabrol.
1990, Le silence des agneaux (The Silence of the Lambs), USA, Jonathan Demme.
1992, Basic Instinct, USA, Paul Verhoeven.
1994, Tueurs-nés (Natural Born Killers), USA, Oliver Stone.
1994, Le monstre (Il mostro), It., Roberto Benigni.
1994, La machine, Fr., François Dupeyron.
1995, Seven, USA, David Fincher.
1996, Capitaine Conan, Fr., B. Tavernier.
1997, Le collectionneur (Kiss the Girls), USA, Gary Fleder.
1997, Ugly, N. Zél., Scott Reynolds.
1999, Six pack, France, Alain Berberian.
2000, Scènes de crimes, Fr., Frédéric Schoendorfer.
2000, Les blessures assassines, Fr., Jean-Pierre Denis.
2000, Les rivières pourpres, Fr., Matthieu Kassovitz.
2001, Le pacte des loups, Fr., Christophe Ganz.
2001, Hannibal, USA, Ridley Scott.
2002, From Hell, USA, Albert et Allen Hugues.
2003, Memories of murder, Corée du Sud, Bong Joon-Ho.

Carnet 3. 2005

Deux mois de silence sur cette affaire.

Que les patients lecteurs comprennent que je n’ai pas renoncé à cette publication mais le rythme régulier de la blog-édition est peu approprié à l’objet ; à moins que l’on veut bien entendre quelque chose de ce silence, qui dit plus qu’une note les vicissitudes d’une enquête que j’ai failli, à plusieurs reprises, abandonner.

L’article précédent (Carnet 2. 2004) laissait poindre ma déception lorsque j’appris que la source judiciaire de l’enquête était défaillante. Fallait-il alors s’en remettre à d’autres sources ? Voilà qui n’augurait rien de bon. Je me voyais contraint de sortir des sentiers battus de la méthodologie historique. Que pouvais-je bien récolter ? Face à cette incertitude, je décidais, le 7 janvier, d’ouvrir un carnet de notes, qui n’était pas encore un journal.

11 janvier 2005

Ayant vaincu mes réticences, je me décide à contacter le détenteur de l’archive privée que m’avait indiqué la personne m’ayant invité à travailler sur l’affaire. Il s’agit d’un descendant de l’avocat commis d’office pour la défense de Delafet. Avec un peu de chance, il peut posséder une copie du dossier… S’il n’a rien de probant, je classerai définitivement l’affaire.

Nous prenons rendez-vous pour le 13 suivant.

13 janvier 2005

Entretien avec M. Paul de Lacvivier, fils de Jean, qui était bâtonnier au moment des faits, et fut avocat commis d’office, défenseur de Delafet, avec Gaston Perault. Selon les confidences rapportées de son défenseur, Pierre Delafet avait avancé pour seule explication de son geste qu’il « voulait être seul ». Il paraissait indifférent à la portée de son acte et à ses conséquences. La conviction de Jean de Lacvivier rejoignait celle du psychiatre Maurice Dide, l’expert commis par la défense : Pierre Delafet avait agi dans un accès de folie.

Je n’en saurais guère plus. La bonne volonté de mon hôte n’y peut rien. La matière documentaire est maigre. La famille n’a conservé aucune note de l’avocat, aucun papier. Et puis, à la maison, il y avait deux sujets dont on ne parlait pas : la première guerre mondiale, et l’affaire Delafet.

Défaut d’archive donc. Rien de probant. Je tenais là le motif pour abandonner l’enquête. Ce premier entretien eut pourtant l’effet inverse.

L’accueil généreux de mon interlocuteur d’abord, contribua à instaurer la dimension « fraternelle » d’un échange pour lequel je devrais produire un retour.

Je fus intrigué aussi par la photocopie d’une chanson faite sur le crime : « Le sextuple assassinat de Moirax – Un horrible carnage ».

Acte banal au XIXe siècle encore, la composition en 1932 de cette complainte criminelle me semblait un acte désuet. En voici le premier complet, et le refrain :

Au hameau de [Farges], vivait une famille de cultivateurs et leurs chers petits.
Hélas quel malheur, un homme surgit,
Produit de leur chair, assassin maudit.
Ces pauvres victimes frappées sauvagement,
A grands coups de hache et coups de trident.
Et vous pauvres enfants et pauvre maman,
Anges pour le ciel, visions éternel’.

Refrain

Pleurez pauvres mamans, pleurez pauvres parents,
Ce crime si atroce commis sur de braves gens.
Vous tous qui écoutez, vous n’oublierez jamais.
Braves gens du pays,
Sur les tombes bénies que le cruel destin,
A fermées pour toujours pour calmer leurs chagrins,
Portez souvent des fleurs,
Mimosas et jasmins

Ces paroles devaient être chantées sur l’air de « Au rendez-vous d’amour ». M. de Lacvivier n’en connaissait pas la mélodie. Je n’imaginais pas alors qu’il me faudrait plus de deux années pour retrouver la partition…

Il y eut surtout, au fil de notre entretien, trois photos de la scène de crime posées sur la table. La première était une vue du couloir de la maison, avec un couteau sur le sol pavé. La seconde était une vue de la chambre de Delafet, plus précisément de sa femme gisant sur le lit, cheveux maculés de sang, la bouche bâillonné par un mouchoir. La troisième vue était un plan rapproché du jeune enfant de trois mois, tué dans son berceau.

Ces photos eurent un effet retard mais décisif. Sous le coup de l’émotion, ma première réaction fut de rejet et de dégoût. Je n’avais pas soupçonné l’existence de ces photos et j’aurais probablement refusé de les voir, si on m’avait demandé mon avis. L’historien n’est ni policier ni médecin légiste. La vue de telles abominations n’est pas son affaire. Je me trouvais entraîné au-delà de ce que j’avais imaginé mais il était trop tard pour se prémunir des conséquences. Les images des victimes me revinrent, le soir même, et ne me quittèrent plus. Impossible de les oublier. J’étais compromis dans ma méthode, impliqué dans une relation que je n’avais pas désirée. Ces trois clichés m’avaient introduit dans la maison, au cœur du massacre. Ils m’avaient fait participé au sentiment du malheur, comme par contamination. Je devais désormais établir le moyen, sinon d’en sortir, du moins d’en rendre compte, en trouvant la tonalité juste et la bonne distance.