Le chant des crimes. Les complaintes de l’affaire Vacher

Le chant des crimes Marc Renneville éditions GaelisLivre à paraître en 2021 aux éditions Gaelis.

Synopsis :

Ce livre musical raconte une affaire criminelle par la succession des complaintes qui s’y rapporte. L’affaire choisie est celle de Joseph Vacher, tueur de bergers qui sévit dans le Sud-Est de la France entre 1894 et 1897. Vacher est l’un des premiers tueurs en série français. Égorgeur, violeur, éventreur, son mode opératoire et sa prédilection pour les jeunes victimes en font le prototype du meurtrier sexuel. Joseph Vacher incarne la figure du monstre criminel contemporain.

Embarquer le lecteur dans une plongée immersive, un retour au temps de l’affaire pour approcher au plus près l’expérience sensible de la réception populaire de l’affaire. Tel est le pari. Le lecteur peut adopter au choix la position du public, en écoutant les interprétations proposées par lien interactif, ou celle de l’interprète, chanteur ou musicien, grâce aux partitions.
À lire, à écouter et à chanter.

Les éditions Gaélis ? La petite maison qui a tout d’une grande. Lancée en 2020, Gaelis Éditions porte une politique éditoriale en trois axes : musique (Christian Séguret), roman policiers historiques (Annabel Peyrard) et quotidien. Pour en savoir plus, voir son site web.

Le Petit Crevé. Etude phrénologique d’après le système de Gall

Quand la phrénologie était raillée par l’image…

phrénologie Le petit creve caricature Pepin RennevilleCi-contre la reproduction d’un dessin de Pépin ((Pépin contribua régulièrement à l’illustration du Petit Rouennais, au tournant des 19e-20e siècles)) , paru à la une du journal « L’Eclipse » (n° 37, 4 octobre 1868).

La légende publiée en seconde page est reproduite ci-dessous :

« NOTRE DESSIN

UN MOT D’EXPLICATION.

Les événements d’Espagne se compliquant d’une façon très-sérieuse ((allusion à la Révolution espagnole de septembre 1868 « La Gloriosa », qui vit le renversement de la reine Isabelle II, réfugiée à Paris depuis le début du mois d’octobre)), nous avons été obligés, sur avis de l’Administration, de suspendre notre tirage, et de laisser de côté un très-excellent dessin de Gill, intitulé, TRA LOS MONTES, fantaisie espagnole.

Afin de paraître le plus rapidement possible néanmoins, nous avons remplacé ce dessin par une page de Pépin.

Cette substitution, faite à la dernière heure, explique naturellement le léger retard qu’a subi notre mise en vente.

PHRÉNOLOGIE OU PETIT-CREVÉ.

Gall a vieilli. Spurzheim est oublié.

Les têtes moulées, divisées, coloriées sous leurs ordres ont besoin de nombreuses retouches.

– Elles ne sont plus dans le mouvement, disait un habitué du boulevard.

Nos têtes ne sont plus pétries comme autrefois par le sculpteur de là-haut.

D’autres appétits, d’autres penchants, d’autres vices surtout, se sont fait jour, et sur le crâne des modernes, ont fait à leur tour leur petite protubérance.

Pépin l’a comprit. Il s’est dévoué. Aidons à la science en retard, s’est-il dit. Et il a commencé par refaire, avec des indications nouvelles, la tête du Petit-Crevé; ce produit étonnant de notre jolie époque.

Ce travail n’avait rien de gracieux. Maie l’intérêt des masse devait l’emporter sur le dégoût; et puis, – ceci n’est pas un secret, – la tête du Petit-Crevé ne contenant pas de cervelle, on pouvait y mettre les doigts impunément.

Enfin, voilà qui est fait. Le système phrénologique du docteur Pépin va faire sa trouée.

Et les gandins vont apprendre à leurs dépens ce que contient chacune des cases de leur cerveau.

Puisse, sur le chemin du kiosque du Mlle de la Périne, ce spectacle les arrêter à temps dans leurs folies idioties.

LE COUSIN JACQUES. »

 

Source : collection personnelle.

 

Histoire de la phrénologie Marc Renneville

Mais au fait, qu’est-ce que la phrénologie ?

Voir la page du livre Le langage des crânes. Histoire de la phrénologie

Phrénologie et caricature. La seconde série des études phrénologiques de Cham

D’autres dessins de Cham (Amédée de Noé, 1818-1879), extraits de L’Illustration. Journal universel (3 octobre 1846)

caricature phrenologie Cham Rennevillecaricature Cham bosse du crime Renneville phrenologiecaricature Cham phrenologie Rennevillecaricature Cham phrénologie Rennevillecham010

Voir la première série d’études phrénologiques de Cham.

Pour en savoir plus sur Cham, voir ce site. Et si vous passez près de l’Isle-de-Noé, dans le Gers, n’hésitez pas à visiter le château familial des comtes de Noé, qui abrite une exposition permanente sur Cham. Voir également 426 reproductions en ligne sur le site du département des arts graphiques du Musée du Louvre.

Histoire de la phrénologie Marc Renneville

Mais au fait, qu’est-ce que la phrénologie ?

Voir la page du livre Le langage des crânes. Histoire de la phrénologie

La phrénologie en caricatures

Le caricaturiste Cham (Amédée de Noé, 1818-1879) a produit, comme son contemporain Daumier, quelques dessins humoristiques sur la phrénologie et la physiognomonie. En voici quelques exemples, tirés de L’Illustration. Journal universel (3 octobre 1846)

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Quelques caricatures de plus ? Voir la page d’une seconde série d’études phrénologiques de Cham.

 

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Mais au fait, qu’est-ce que la phrénologie ?

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Séminaire Histoire de la justice et patrimoine judiciaire. EHESS (2019-2020)

histoire de la justice patrimoine judiciaire Marc Renneville Le séminaire interroge l’histoire de la justice et ses formes de patrimonialisation. L’histoire de la justice est abordée par la fabrique de la conviction judiciaire pour saisir le processus aboutissant à une décision de justice, que celle-ci soit consensuelle ou contestée par les lectures médiatiques ou littéraires. La réflexion est menée à partir d’affaires judiciaires des XIXe-XXe siècles en France. Le deuxième axe questionne la notion de patrimoine judiciaire, son extension (matériel, immatériel) et ses recoupements avec d’autres domaines (patrimoine scientifique, patrimoine numérique). On s’intéresse ici aux savoirs, aux pratiques et aux mémoires des lieux de justice, aux modalités de leur valorisation (accès public, muséographie, documentaire, dispositifs numériques) et aux usages sociaux de ce patrimoine sombre.

Responsable : Marc Renneville (centre A. Koyré UMR 8560, Clamor UMS 3726)

Horaires : 2e et 4e lundis du mois de 15 h à 17 h, du 14 octobre 2019 au 8 juin 2020

Lieu : EHESS, salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris

Dates des séances 2019-2020 : Lundi 14 octobre 2019, 25 novembre, 9 décembre, 13 janvier 2020 27 janvier 2020, 10 février, 9 mars, 23 mars, 27 avril, 11 mai, 25 mai et 8 juin.

Programme indicatif

1/ Lundi 14 octobre 2019
Thématiques du séminaire, présentation de l’enseignant et des présents, modalités de validation.

2/ Lundi 25 novembre 2019
Archives nationales. Visite des réserves et de l’exposition « La science à la poursuite du crime » par Pierre Piazza (Université de Cergy, Clamor).

3/ Lundi 9 décembre 2019
L’affaire Joseph Vacher. Mémoires et histoire

4/ Lundi 13 janvier 2020
« La comparaison historique du bagne et ses enjeux : la colonisation pénale en Australie et en Nouvelle-Calédonie » par Briony Neilson (Université de Sidney, Clamor) et Isabelle Merle (directrice de recherche au CNRS, présence sous réserve)

5/ Lundi 27 janvier 2020
L’affaire Delafet. Enquête orale et archives judiciaires.

6/ Lundi 10 février 2020
« L’affaire Pranzini » par Frédéric Chauvaud (professeur d’Histoire contemporaine, Université de Poitiers)

7/ Lundi 9 mars 2020
« L’affaire du corbeau de Tulle, une tache judiciaire ? » par Amos Frappa (doctorant EHESS)

8/ Lundi 23 mars 2020

9/ Lundi 27 avril 2020

10/ Lundi 11 mai 2020
« Une visite de la prison de Clairvaux. Histoire, patrimoine et valorisation numérique » par Jean-Lucien Sanchez (chargé de recherches au ministère de la Justice, Clamor) et Hervé Colombani (réalisateur, Clamor)

11/ Lundi 25 mai 2020

12/ Lundi 8 juin

Renseignements complémentaires sur le site de l’EHESS

Les musées de phrénologie

phrénologie musée Lacenaire Fieschi guillotinésLe texte reproduit ci-dessous est la transcription du discours prononcé par le phrénologiste mouleur Pierre-Marie-Alexandre Dumoutier (1797-1871) le jeudi 14 janvier 1836 lors de la réunion publique marquant l’inauguration du musée de la Société phrénologique de Paris.

Ce document nous rappelle l’existence dans la première moitié du 19e siècle de ce qui fut probablement le premier Musée d’anthropologie indépendant du cabinet d’anatomie comparée du Muséum d’Histoire naturelle. Le souvenir de ce lieu d’exposition s’est bien vite effacé de la mémoire disciplinaire de l’anthropologie car il dépendait d’une conception du fonctionnement cérébral qui fut rejetée dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cette séance d’inauguration du Musée fut ponctuée par l’analyse phrénologique du crâne du poète assassin Lacenaire, exécuté moins d’une semaine auparavant.
Trois ans après la création du musée de la Société phrénologique de Paris, un certain Barthel inaugura au centre de Bruxelles un second musée entièrement consacré à la doctrine de Gall. Les informations sur ce musée étant aussi lacunaire que pour son homologue français, il faut s’en remettre à Barthel lui-même pour sa description. « Notre musée renferme tout ce qu’il y a de plus curieux et de plus intéressant en Phrénologie. On y trouve classés les bustes ou têtes, crânes et cerveaux moulés, de près de 300 individus, morts ou vivants, qui se sont fait remarquer par de bonnes ou mauvaises qualités physiques ou organiques (appréciation faite de l’éducation etc.) sont des plus frappants […] Difformités monstrueuses, idiots et crétins, fous ou maniaques, voleurs et assassins, suicidés même, viennent s’y montrer victimes d’une organisation vicieuse ou incomplète, que les circonstances malheureuses où ils se sont trouvés n’ont pu faire disparaître. Musiciens, Peintres et Sculpteurs, Architectes et Mathématiciens célèbres, y ont leur place à côté d’autres illustrations, tels que Poètes, Littérateurs, Philosophes et autres personnes de distinction dont la vie et les travaux sont généralement connus ; quelques têtes de femmes et d’enfants, prodiges de caractère, en moralité ou en savoir, viennent, avec les crânes moulés de quelques races humaines, clore une collection Phrénologique, qu’en simple curieux comme en homme d’étude, l’on peut venir voir tous les jours » ((A. Barthel, Musée phrénologique de Bruxelles. Manifeste philosophique, Bruxelles, Chez tous les libraires, p. 7-8.)).
Que devint le musée phrénologique de Bruxelles et la Société phrénologique que Barthel souhaitait créer en Belgique ? Y eut-il en France d’autres musées phrénologiques que celui de Dumoutier ? Quels furent le degré de leur relation ? Le caractère privé de ces initiatives rend difficile la recherche d’éventuelles archives. Il serait intéressant pourtant de recenser les collections de bustes présentes en province. Ce travail a été réalisé par Jean-Claude Vimont pour Rouen (lire à ce sujet l’article en ligne sur Criminocorpus) mais il faudrait l’étendre aux villes qui ont connu une importante activité phrénologique comme Lyon ou Saint-Brieuc. Des collections de bustes phrénologiques avaient été constituées également sous la Monarchie de Juillet dans les villes de bagnes (Toulon, Rochefort, Brest) . Que sont devenues ces collections ? Ont-elles été intégrées par les écoles de médecine les plus proches ?

Discours lu par Alexandre Dumoutier lors de la séance d’inauguration du Musée de la Société phrénologique de Paris, le 14 janvier 1836

« La phrénologie est cultivée en France, et particulièrement à Paris par un grand nombre d’hommes distingués dans la magistrature, dans les sciences, dans les arts, dans l’industrie ; et la plupart de ces hommes se sont réunis pour constituer la Société phrénologique.
Cette société a adopté des époques régulières pour des réunions, elle a fait connaître les principaux résultats de ses travaux dans un journal qui forme déjà un recueil, un recueil considérable de faits curieux et d’observation utiles, enfin elle possède une collection de plus de 400 pièces et un bon nombre d’ouvrages. Cependant elle ne remplit encore qu’imparfaitement la mission dont elle s’est chargée : celle de poursuivre et de propager la Phrénologie.
Pour tout ceux qui l’ont étudiée et qui doivent la mettre en pratique, la Phrénologie est une science constituée qui a ses lois, ses préceptes, qui peut être réduite à un certain nombre d’axiomes et exprimée par des formules. Comme toutes les sciences exactes, elle est susceptible de la plus grande précision et peut satisfaire aux exigences du calcul et des mathématiques.
Pour le philosophe et le moraliste qui a bien compris et médité les principes de la phrénologie, qui a prévu les immenses services qu’elle peut rendre par ses nombreuses applications ; elle lui fournit les éléments du plus beau code de morale, et le plus beau système de philanthropie, car elle lui révèle toute la science de l’homme et lui permet de fouiller dans les replis les plus secrets de son coeur.

Convaincu que je suis de l’exactitude et de l’importance de la phrénologie, me sentant capable d’opposer à ses détracteurs une masse considérable de faits, et fortifié par une expérience qui compte plus de 14 années de travaux pénibles et de sacrifices sans autres secours que la bienveillance de quelques savants que je révère et qui m’ont facilité dans la recherche des matériaux nécessaires à la démonstration de la phrénologie, j’ai péniblement amassé la riche collection étalée à vos regards.

Maintenant et toute incomplète qu’elle est, elle peut déjà rendre de grands services. Puisque le besoin d’étudier la phrénologie se fait de plus en plus sentir chaque jour, je m’empresse de témoigner publiquement de ma profonde gratitude pour ceux qui m’ont assisté en consacrant à l’utilité publique la collection qu’ils m’ont aidé à former, et en m’adjoignant à la Société phrénologique pour vulgariser les découvertes de ses illustres prédécesseurs.

Ce n’est point assez d’une publication trimestrielle pour faire connaître les faits qui se présentent en foule ; ce n’est point assez de réunions mensuelles pour donner un libre cours à l’examen et à la discussion des questions qui intéressent la science ; ce n’est point assez d’une solennité annuelle pour rappeler au public l’existence de la Société phrénologique et célébrer la gloire de Gall. Il y a encore d’autres devoirs à remplir et je m’y dévoue.
Voici ma moisson, voici ma fortune, je vous les offre, venez en profiter. Venez, vous qui voulez connaître, venez vous qui doutez encore, venez.

Tous les jours, les portes seront ouvertes aux travailleurs, plusieurs fois par semaine et à des heures déterminées, elles le seront aux curieux.

Par une exhibition permanente à ceux qui connaissent, j’offre des ressources qu’ils ne possèdent pas et la possibilité de faire des comparaisons sur des stéréotypes fournis par la nature. Par un enseignement permanent, je satisferai autant qu’il sera en moi de le faire à l’urgence du moment et à cet effet, pour ceux qui n’ont encore que des notions incomplètes de la phrénologie, ou qui désirent l’apprendre, quatre cours théoriques auront lieu ici et se succéderont immédiatement pendant l’année scolaire, et pour chaque leçon, toutes les démonstrations seront faites sur les objets de la collection.

Pour ceux qui ont étudié les éléments de la phrénologie mais qui ne peuvent en faire des applications exactes parce qu’ils n’ont pu être dirigé jusqu’à présent dans leurs études, et qu’ils n’ont pu trouver dans les livres de Gall et de Spurzheim les règles de la pratique et les moyens d’obtenir une évaluation exacte des diverses organisations ; pour ceux-là je ferai ici des cours pratiques dans lesquels je dirigerai comme je l’ai fait précédemment chacune des personnes qui y assisteront et leur apprendrai à recueillir complètement une observation phrénologique.

Pour ceux qui cherchent à s’éclairer en offrant à leurs semblables les lumières de leur savoir et de leur raison ; pour tout ceux qu’un noble enthousiasme et un sain respect pour la vérité invite à s’élancer dans les voies mystérieuses où s’interprète la nature morale et intellectuelle, pour tout les hommes de bien enfin, moralistes, philanthropes, artistes, gens de lettres, savants qui recherchez la vérité, pour vous des conférences seront ouvertes dans cet asile de la science. Dans ce muséum de la phrénologie pour rendre hommage à la mémoire [« mémoire » barré et un mot illisible] de mon illustre et vénéré maître, dans ce lieu j’institue une solennité annuelle et commémorative du jour où la mort vint arracher Spurzheim des bras de ses amis et le ravir à la science qui ne s’en séparera jamais ».

En savoir plus : Le texte manuscrit est composé de 9 feuillets. L’original est conservé au Centre historique des Archives nationales dans la série AJ 15 (Muséum d’Histoire naturelle), carton n° 562. Signalé par Erwin Ackerknecht, « P.M.A. Dumoutier et la collection phrénologique du Musée de l’Homme », Bulletin de la Société d’anthropologie de Paris, 10e série, 7, 1956, pp. 289-308, le manuscrit de ce discours était resté inédit. Il a été publié pour la première fois dans l’article suivant : M. Renneville, « Un musée d’anthropologie oublié : le cabinet phrénologique de Dumoutier », Bulletins et mémoires de la Société d’anthropologie de Paris, 1998, n.s., t. 10, n° 3-4, p. 477-484.

 

Histoire de la phrénologie Marc Renneville

Mais au fait, qu’est-ce que la phrénologie ?

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