Les monstres sont parmi nous

Revue BnF Parmi les monstresLes monstres sont parmi nous, les monstres attaquent, c’est monstrueux !

L’évocation de la figure du monstre est spontanément associée à une réaction de répulsion et de mise à distance de soi ou du collectif dans lequel l’individu se reconnaît. Le monstre, c’est d’abord l’autre ; les monstres, qu’ils soient amis ou ennemis, désignent un écart, une différence. Plutôt que d’offrir un panorama des divers types de monstres fantastiques, une galerie des êtres merveilleux ou curieux, le présent dossier entend porter une attention particulière à la fabrique et aux observateurs du monstre, et considérer le monstrueux comme un fait social.

Dossier dirigé par Thierry Laugée et Marc Renneville

Revue de la Bibliothèque nationale de France. n° 54, mars 2018

SOMMAIRE

Parmi les monstres (T. Laugée et M. Renneville), p. 11

« Morts vivants ». Le corps des monstres moraux dans les discours de Cicéron, BLANDINE CUNY-LE CALLET, p. 15

La bête du Gévaudan et ses archives, CHARLES-ÉLOI VIAL, p. 22.

Lacenaire, mise en scène d’un monstre, ANNE-EMMANUELLE DEMARTINI, p. 30

La mandragore, iconographie d’un mythe botanique, LUC MENAPACE, p. 41.

Tératologie. Quand le monstre devient objet de science, JEAN-LOUIS FISCHER, p. 51

La fabrique des monstres urbains au xixe siècle, ou la statuaire sous « l’empire de la science », OLIVIER VAYRON, p. 58

Les rouleaux illustrés de la Procession nocturne des cent démons, MATTHIAS HAYEK, p. 70

De Barnum à Freaks. Le monstre en spectacle. Entretien avec JEAN-JACQUES COURTINE. Propos recueillis par Marc Renneville, p. 81

Life Without Soul. Le monstre cinématographique de Frankenstein, MICHEL PORRET, p. 92

Umberto Eco, Merveilles et monstres exotiques. Extrait de la conférence du 27 mai 2004 consacrée à « l’ordre universel et les monstres », p.  103.

Le monstre marqueur de l’humanité originelle, de Piero di Cosimo à Ulisse Aldrovandi, ELINOR MYARA KELIF, p. 111

Le monstre allemand dans l’image entre 1914 et 1918, NICHOLAS-HENRI ZMELTY, p. 123.

 

Corpus en ligne : les complaintes criminelles en France (1870-1940)

Complaintes criminellesJean-François « Maxou » Heintzen mène depuis plusieurs années des recherches sur le déclin des complaintes criminelles en France. La complainte est un chant populaire dont les paroles s’appliquent à la description d’un événement tragique, tandis que l’air renvoie à un timbre largement diffusé. Ces feuilles volantes (appelées aussi « canards ») étaient vendues par les colporteurs, les chanteurs ambulants, dans les foires ou sur les marchés. Si la tradition remonte à l’Ancien régime, on a longtemps cru que le genre ne passa pas la charnière du XIXe au XXe siècle, disparaissant sous la vague montante des quotidiens populaires et de leur supplément illustré, puis des magazines illustrés de fait divers (L’œil de la police, Détective, Police magazine). Or, les travaux de J-F. Heintzen démontrent que le genre des complaintes reste actif sinon prospère jusqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale. Le corpus qu’il offre aujourd’hui à la consultation en est la démonstration.

Complainte du grand maigre, Le crime de la rue Dulan, La femme coupée en 5 morceaux, Le curé assassin… Des vieillards assassinés, infanticide, fratricide, une jeune fille enterrée vivante avec son enfant, des satyres et des ogresses. Voilà autant de titres et de figures qui servent de thèmes aux complaintes criminelles rassemblées dans la base Complaintes criminelles (1870-1940) que nous venons de mettre à disposition dans le Musée Criminocorpus. La base propose une consultation adaptée sur toute taille d’écran. Son interface est inspirée de notre base collaborative sur le patrimoine judiciaire : HUGO. Patrimoine des lieux de justice (ouverte en mars 2017).

Cette nouvelle base de données rassemble un corpus de 823 complaintes relatives à 426 faits divers commis en France entre 1870 et 1940. Les complaintes sont géolocalisées au lieu du fait divers et une fonction permet d’afficher les faits divers à proximité de l’utilisateur, sous réserve qu’il n’ait pas désactivé la fonction de localisation.

Les timbres et les textes libres de droit seront peu à peu ajoutés ou signalés et mis en lien. L’auteur proposera également à terme quelques interprétations sonores. La base étant collaborative, il est possible d’envoyer des informations à son auteur.

Pour en savoir plus sur le sujet, on ne saurait trop recommander la lecture de l’article de Jean-François « Maxou » Heintzen : « Le canard était toujours vivant ! De Troppmann à Weidmann. La fin des complaintes criminelles (1870-1939) » publié dans la revue Criminocorpus (dossier « Musique et justice » 2013)

 

Le retour de la bibliothèque de Criminocorpus

Bibliothèque et collections CriminocorpusL’ouverture en septembre 2016 du nouveau site « Musée d’histoire de la justice, des crimes et des peines » avait été l’occasion d’une réorganisation des contenus de l’ancien site portail. Si les expositions avaient conservé leur identité, nous avions supprimé l’expression de « bibliothèque numérique » au profit du mot « collections », qui nous semblait plus adapté à la logique d’un musée. Un an plus tard, nous faisons le constat d’une mauvaise acclimatation de cette dénomination. Le nombre croissant de collections, la difficulté d’identification par les visiteurs des contenus des collections portant le nom de collectionneurs nous a incité à repenser l’organisation des collections, leur agencement et le nommage de la rubrique.

La rubrique « collections » revient donc à son ancienne dénomination de « bibliothèque », plus explicite. La bibliothèque reste organisée en collections mais celles-ci sont désormais regroupées (comme les expositions) en grandes catégories : « faits divers, tribunaux, prisons, bagnes… ». Chaque collection pourra aussi contenir des sous-thèmes permettant de constituer des ensembles de documents. Cette nouvelle fonctionnalité suppose une reprise de l’indexation. Elle sera peu à peu visible sur les collections contenant de nombreux documents.
Enfin, dans le but d’optimiser l’affichage sur mobile et écran 16/9e, les vidéos sont désormais présentées – selon l’écran – sur une double colonne ou une colonne simple affichant d’abord le lecteur vidéo.

 

Projet « Au Tribunal » : la V2 du modèle de page

Lancé en 2015 par Sciences Po (Hélène Bellanger) dans le cadre d’un projet pédagogique numérique innovant, le programme « Au Tribunal » vise à élaborer avec les étudiants des contenus progressivement publiés après validation au sein de quatre rubriques : visite du Palais de justice de Paris, Cour d’assises, Grands procès et « Droit pénal ».

Le modèle de page spécifiquement conçu pour ce projet devait permettre d’afficher ou de donner accès en ligne à des vidéos aussi bien que des textes, des documents, des chronologies etc., sous forme de dalles imagées. Relativement complexe à mettre en œuvre, la publication des premières pages a très vite révélé les limites du modèle imaginé. Les premières pages en ligne contenant principalement des liens directs à des vidéos (extraits d’entretiens), l’utilisateur n’était pas suffisamment renseigné sur la nature du document : image ? texte ? vidéo ? Rien ne permettait de le deviner. La description des dalles n’était pas assez explicite car elles ne signalait que le nom de l’auteur et le thème abordé. A la limite, une page pouvait afficher plusieurs fois la même vignette de dalle avec le même nom d’auteur et le même thème, ce qui pouvait laisser croire à un dédoublement des contenus.

Au Tribunal. Amélioration du modèle de page

Le modèle de page a donc été repris durant l’été 2017 par l’ajout de pictogrammes permettant de repérer le type de contenu lié à la dalle : nouvelle page de contenu, vidéos, presse ou image.

Nous avons également amélioré le processus de publication en optant pour un dépôt systématique de toutes les vidéos dans les collections de la bibliothèque, ce qui permet de les décrire avec plus de précisions. La reprise des pages existantes et le transfert des vidéos dans les collections débutera en octobre 2017.

 

 

Visite de lieux de justice : une nouvelle présentation ouverte aux thématiques

Depuis l’ouverture de notre première visite virtuelle d’un lieu de justice en 2013 (Maison d’arrêt du Havre), l’interface de navigation n’avait pas changé. La page ouvrait sur un plan avec des zones interactives cliquables et une colonne à droite proposant de naviguer dans les étages. Chaque zone à contenu proposait une série de vidéos et d’images légendées. On ne pouvait aller plus loin. Ce modèle avait été appliqué à la prison de la Santé lors de sa fermeture pour travaux, en 2014. En 2015, nous avons envisagé une visite du Palais de justice de Paris nécessitant une navigation dans un plan complexe, ouvrant non plus seulement sur des lieux mais aussi des thématiques transversales (sculptures, cour d’assises, procès etc.). Un nouveau modèle de visites s’est dès lors peu à peu imposer. Nous venons de mettre en ligne ce nouveau modèle de page : il reprend le plan interactif qui est à l’origine de nos visites, mais l’affiche sous forme de vignette miniaturisée que l’utilisateur peut agrandir. Cette réduction permet désormais à la page d’afficher aussi des vignettes présentant d’autres types d’informations sur le lieu, tels que des plans, des cartes, des vues aériennes ou des documents, comme le montre l’exemple de la page dédiée à la prison de la Santé.

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L’enquête est accessible à cette adresse (page sécurisée)

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