La solênopédie ou l’éducation par les tuyaux

La Solênopédie Marc RennevilleA paraître en mai 2019

Publié en 1838 vingt ans après le Frankenstein de Mary Shelley, ce texte rare et méconnu constitue l’un des tout premiers récits de science-fiction française. La maison d’édition Jérôme Millon en propose la réédition avec une illustration originale de Xavier Coste et une postface éclairant le contexte de publication d’un texte qui réserve bien des surprises.

La solênopédie ou révélation d’un nouveau système d’éducation phrénologique pour l’homme et les animaux

Retranché dans un château en ruines, un savant a trouvé le moyen de contrôler le comportement des êtres vivants grâce à une découverte combinant les principes de la chimie, de la pile voltaïque et de la phrénologie. En trépanant les crânes pour stimuler les localisations fonctionnelles du cerveau, le docteur T. considère qu’il œuvre à l’amélioration de l’humanité. Ayant pleinement réussi sur les animaux, il tente d’appliquer sa technique d’éducation-sur six enfants cobayes. L’inventeur n’a révélé le secret de sa découverte qu’à un étranger, en échange de son silence.

Postface « L’éducation future » :

La postface expose les conditions de publication et de réception de la Solênopédie. Elle éclaire le contexte scientifique et littéraire de l’édition originale et établit définitivement l’identité de l’auteur . Oscillant entre canular littéraire et conte moral, la solênopédie est un texte original posant des questions relevant aujourd’hui de la bioéthique.

Présentation du livre sur le site de l’éditeur.

Le langage des crânes. Une histoire de la phrénologie

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Avez-vous la bosse des maths, de la poésie ou de la peinture ? Cet inconnu présente t-il la bosse du crime ou celle de la ruse ?
De 1800 à 1850, certains savants peuvent répondre à ces questions. Et pour le prouver, ils tâtent des têtes de génies (Napoléon…), de criminels (Lacenaire…) et de fous. Leur théorie est vérifiée par l’examen de milliers de moulages et de centaines de crânes récoltés à Paris, Londres, à Berlin, en Inde et en Océanie. Sûrs de leur bon savoir, les phrénologistes oeuvrent pour un monde meilleur, peuplé de génies, de criminels amendés et de fous guéris.
Défendue par de nombreux médecins, politiciens et artistes, la phrénologie oscille pendant un demi-siècle entre science légitime et technique divinatoire, avant de tomber dans un discrédit total.

Reléguée au statut de science occulte puis longtemps oubliée, elle semble actuellement renaître de ses cendres. Des neurobiologistes contemporains lui rendent justice d’avoir établi le principe des localisations cérébrales et d’éminents scientifiques estiment qu’elle a été la première science de l’homme rationnelle.
Qu’en est-il exactement ?
Riche de nombreux documents méconnus ou inédits, ce livre est une contribution originale au débat. Il vous invite à refaire le parcours des premiers phrénologistes, à partager leurs victoires et leurs déboires. Grâce à cette lecture participante, vous pourrez apprécier en connaissance de cause les réalisations et les rêves de nos savants (fous ?).

Ce livre a obtenu le prix du « meilleur ouvrage » de la Société française d’histoire de la médecine (2000)

Extraits de la revue de presse

« C’est un livre tout-à-fait passionnant »
Michelle Perrot , « Les lundis de l’Histoire », France-Culture, 9 octobre 2000.

« La phrénologie, cette science des bosses, est la plupart du temps moquée, caricaturée. On n’en garde que la fameuse bosse des maths, ou bien la bosse du crime […]
Pourtant, comme le suggère l’historien Marc Renneville, suivre de près la vie à la fois courte et longue de cette discipline est un jeu de miroir […]
Son travail historique, à la fois fouillé et attrayant, en fait découvrir l’étrange parcours »
Gaëtane Chapelle, Sciences Humaines, n° 108, août-sept. 2000.

« L’essentiel de l’ouvrage est de montrer comment, en dépit de ses outrances ou de ses errements, la phrénologie marqua une étape importante dans l’histoire culturelle et sociale du premier XIXe siècle […] « Science positive dans une époque romantique », la phrénologie demeurait peuplée de fantasmes, de figures exotiques et parfois fantastiques. A sa manière, elle exprimait pourtant cette ambition volontariste et somme toute bienveillante qui animait le premier XIXe siècle : réduire l’inexplicable ou l’inacceptable à la raison scientifique »
Dominique Kalifa, Libération, 29 juin 2000.

« Le langage des crânes se lit comme un roman : l’écriture fait vivre cet invraisemblable qui a bien eu lieu. La complexité des personnages appelle l’identification ou le refus. L’ironie, l’humour noir de compassion et de révolte sourde, est inquiétude d’auteur qui suscite celle des lecteurs […]
Pire qu’un bon roman, la réalité est parfois un cauchemar continu. Renneville suggère que cette science dissoute en 1848 a infiltré les mentalités. L’héritage s’évalue selon les conceptions des sciences. Si l’on croit à leur pureté, la phrénologie aura transmis la localisation cérébrale à l’anthropologie et la neurobiologie (on oubliera ce qui n’est ni vrai ni éthique). Si l’on aborde l’ensemble des fonctions d’un savoir, elle aura influencé d’autres programmes d’examen et de gestion de la population, au nom du bien : anthropologie, eugénisme, éthologie, sociobiologie… »
Laurent Loty, Le Monde des Livres, 1er septembre 2000.

Deux comptes rendus en ligne :
Frédéric Chauvaud, Revue d’Histoire du 19e siècle, 2001, n° 22
Consulter le compte-rendu en ligne sur le site de la revue :
http://rh19.revues.org/document268.html

Jean-Pierre Peter, Annales. Histoire, Sciences sociales,
janvier-février 2001, n° 1, p. 218-220.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_2001_num_56_1_279943_t1_0218_0000_3

Sciences de l’homme, sciences de la punition. Réformes pénales et mesures de sûreté en Europe (1918-1939)

Sciences de l'homme, sciences de la punition ANR Sciencepeine

Université de Rouen

UFR Lettres et Sciences Humaines. Bâtiment Robespierre. Salle F101

vendredi 06 mai 2011

9h30-17h30

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles


L’équipe ANR Sciencepeine organise une journée d’études sur la question des rapports entre les sciences de l’homme et les réformes pénales de l’entre-deux-guerres en Europe. Avec le soutien du GRHIS (Université de Rouen), du centre A. Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CNRS-EHESS-MNHN) et de la plate-forme Criminocorpus.

Programme de la journée

Présidence de Martine KALUSZYNSKI (Directrice de recherches  au CNRS Pacte-CNRS-IEP Grenoble)

Matinée

  • Réformes pénales et psychiatrie en Espagne (1920-1936). Ricardo Campos, Instituto de Historia Centro de Ciencias Humanas y Sociales (CSIC),
  • Entre guerre et prophylaxie : la biologisation du  droit pénal allemand de 1933 à 1945. Johann Chapoutot (maître de conférences, Université de Grenoble II, laboratoire LARHA),
  • Du projet Ferri au Code pénal Rocco : existe-t-il un droit pénal fasciste ? Jean-Yves Frétigné (maître de conférences, Université de Rouen, laboratoire GRHIS),

Après-midi

  • Au tribunal de la science. L’observation médico-pédagogique des jeunes « irréguliers » en Belgique, 1906-1965. David Niget (Chargé de recherche postdoctoral, Centre d’histoire du droit et de la justice, Université de Louvain – UCL ),
  • Criminologie, mesures de sûreté et dangerosité en France avant 1939. Marc Renneville (maître de conférences, Centre A. Koyré. Histoire des sciences et des techniques (UMR 8560),
  • Une revue « fascinée » ? La Revue de science criminelle et de droit pénal comparé (1936-1939). Jean-Claude Vimont (maître de conférences, Université de Rouen, laboratoire GRHIS),

Contact

  • Marc Renneville
    courriel : m [point] renneville (at) free [point] fr
  • Jean-Claude Vimont
    courriel : jean-claude [point] vimont (at) wanadoo [point] fr